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8 octobre 2016 – Clécy

Sortie de deux heures avec à peu près 19 km. Après avoir fait des micro montées durant deux semaines, première approche de cette côte de 5 km avec des portions de 12-14% dès le début du circuit. Petit désagrément de courir avec un sac de trail pour les provisions, problème de placement et de bruit (eau)… pas très agréable. Néanmoins, après 5 à 6 arrêts pour absorber et assimiler l’effort, le plaisir a été d’arriver au bout et je pense y revenir plusieurs fois afin de faire encore mieux connaissance. j’ai d’ailleurs deux nouveaux circuits aux alentours, notamment une côte longue de 4 km, régulière et bitumée avec amour.

Le reste du circuit fut agréable, le souffle quasiment inaudible (second souffle) et d’un confort vraiment agréable. Descentes longues et je n’ai cessé de penser à Athènes : comment serai-je au 30 e kilomètre ?
Ces prochaines semaines seront à nouveau dédiées aux cotes en veillant aussi à composer avec des amorces moins pentues et plus longues afin de gérer correctement mon effort.
La ceinture abdominale se renforce tout doucement et j’espère pouvoir d’ici la fin d’année reprendre tout doucement la musculation. Je ne dois rien lâcher.

7 octobre 2016

L’entraînement se déroule bien. Irrégulier mais plus ciblé sur le dénivelé et la récupération en course. Depuis plusieurs mois, je tentais de retrouver l’équilibre essentiel à une bonne foulée mais difficile de trouver un terrain d’entente, entre prise de tête et prise de poids, je devais réagir.

Mes sensations tant recherchées n’étaient pas au rendez-vous : ma prise de poids, certes minime (5kg de mon poids habituel mais 10 kg de mon record personnel au marathon), ne me permettait pas de m’entraîner sereinement. Le mental et le physique étaient en opposition.

Fini les sorties hamster à tourner sur une boucle de 3 km durant une heure, terminé les objectifs habituels. Le poids supplémentaire modifie mes appuis et donc joue sur ma foulée. Ne plus courir à 12 km/h, accepter de descendre à 10 ou 9 km/h. Difficile. Ce sentiment de m’épuiser à courir lentement… Le temps d’impact est long et il est d’autant plus fatiguant qu’il me faut au moins une heure pour me sentir bien et enfin avancer.

J’avais laissé tombé les programmes d’entrainement depuis mon premier marathon. Fini les 8 ou 12 semaines, courir toute l’année, en tout temps. J’ai donc fractionné mes sorties, changé mes habitudes afin de retrouver la ligne. J’ai décidé de m’amuser, de choisir mon terrain de jeu. Du plaisir à combiner les modules de côtes, les escaliers, les lignes droites suivies de faux plats… se raconter des histoire entre soi, s’entendre dire que l’on est con de faire cela tout en veillant à ne pas se blesser. J’ai tout l’hiver pour travailler, pour repenser mes courses.

Mon profil de coureur a aussi changé donc pour ce qui est des sprints et autres exercices de force : petites doses pour éviter de me blesser. Je n’ai jamais été très musclé, volumineux, plutôt crevette :). J’ai donc adapté mon entrainement à ma morphologie, mon caractère, mes envies et surtout par rapport à mon historique. Mes mouvements me sont propre, mon approche face à l’effort est aussi personnelle et tout ce dont je pense c’est d’étreindre ma liberté avec autant de délicatesse, de force et de foi.

Le marathon de Barcelone s’est fait sans réel entrainement, comme si je me sentais blasé ou peu intéressé par l’épreuve. j’avais changé de chaussures un mois auparavant, marché, ronchonné mais toujours motivé. Berlin (3h14) reste mon Everest et je pense à nouveau tutoyer ce temps d’ci 2017.

30 août 2016

Me revoilà après quelques mois d’absence. Toujours « on the run » mais avec 5kg en plus de mon poids de forme, soit 10 kg à perdre par rapport à Berlin. L’été s’achève et il faut déjà penser à s’alimenter correctement en veillant à restreindre graisses saturées et sucres raffinés. Préparer le printemps cet hiver et courir régulièrement pour les prochaines courses.

Je prépare mon 8e marathon et à vrai dire, c’est long mais tellement passionnant. Les sensations sont loin et psychologiquement, il faut sans cesse se recentrer, se souvenir des sensations et assainir les multiples pensées succeptibles altérer ma motivation pour y croire encore et encore. Le doute est là et l’envie de lever le pied est omniprésent mais que sont ces quelques heures de footing par rapport à toutes celles passées devant un écran d’ordinateur… ? Repenser aux joies et au plaisir de jouer avec ces circuits urbains ou nature, retracer et s’approprier les rues, montées, escaliers et trouver de nouvelles combinaisons, de nouveaux enchaînements dans les multiples ruelles surplombant la Prarie. S’amuser pour mieux encaisser.

J’ai quelques problèmes de chaussures, comme si je ressentais le désir de courir pieds nus, au plus près du sol. La rigidité des semelles et le fait quelles ne servent pas tout le temps font que j’ai l’impression parfois de courir en sabots. La foulée est lourde et peu dynamique, ponctuée par de nombreux arrêts comme si la machine était longue à démarrer. Il me manque cette légèreté, cette sensation de filer au-dessus du sol. Cela viendra prochainement, d’ici quelques mois.

11 octobre 2015 – Marathon de Budapest

Réveil à 7h.
Petit déjeuner rapide et échange avec la french team de l’hôtel, petit groupe de 8 personnes venant de St-Etienne (transit par Genève pour prendre le vol EasyJet). Sourires et discussions sur le tracé de la course. Encouragements et bonne ambiance. Où seront placées les étapes clés ? Dur, facile, difficile… chacun y va de son analyse personnelle. 🙂
8h Retour à la chambre et vérification du sac. Tout y est. On y go ! Direction le métro, Oktogon place. La météo n’est pas très fun en ce dimanche matin : pluie fine et température ne dépassant pas les 10°C. Qu’importe… on verra bien. Dans la station, de nombreux coureurs sont déjà présents. Contrôle des tickets sur le quai. La rame arrive… sans commentaire… c’est blindé !!! Bon, va falloir marcher… Distance estimée : 3 km.

8h30
Dans une heure, le départ. Un petit moment de stress : je pense au vestiaire, la consigne, la foule… ça va le faire. Je me fais dépasser par un couple de Suédois portant un casque de viking bleu et jaune en tissus avec l’inscription Sweeden écrit en gros. Sympa, i like dat spirit ! Il fait frais et cette pluie fine nous accompagne. Je me dirige vers la place des Héros. Petite pensée à nos amis turcs en passant devant l’ambassade… 15 mn plus tard, nous y voilà ! De l’excitation, de la joie de voir autant de participants converger vers le village du marathon. On s’échauffe, on vient déguisés, des policiers, une circulation alternée, des ballons, des barrières, de la musique et la ligne d’arrivée juste là-bas comme pour nous dire « Attrape-moi si tu peux ». Dans 4h ou moins, on y sera. Direction les vestiaires et 15 mn plus tard, le tour est joué. Je suis prêt. La pluie a cessé et désormais il fait bon. Le ciel est toujours laiteux et cela devrait s’arranger dans la matinée. J’ai encore 30 minutes devant moi pour rejoindre la zone des 3h30-4h. Je me balade, regarde, apprécie la diversité des prénoms sur les dossards. Hongrie, France, Danemark, Allemagne, Italie, Afrique du Sud. Chaque coureur vient avec son histoire, son parcours. Tous différents mais tous unis dans un même événement : passionnant. Je kiffe.

9h15
Dans l’enclos. On s’échauffe, la tension monte et le speaker encourage la foule stimulée par une rythmique techno. Quel va être le tube du moment ? On trépigne et déjà les regards se portent sur la ligne de départ, quelques vingtaines de mètres plus loin.

9h30
Notre zone de départ est désormais pleine. Les meneurs d’allure, ceux que nous ne rattraperons jamais, sont désormais partis sous les applaudissements de la foule comptacte et impatiente. Notre tour arrive quelques minutes plus tard… C’est la folie ! Ne pas tomber et rester concentré. C’est fait, je passe sous la structure gonflable qui annonce le début de notre aventure collective. Devant nous, l’inconnu et la joie d’y être enfin. Emportés par notre soif de liberté, nous filons l’avenue Andrássy à un rythme soutenu de 13-14 km/h. Il faut que je retrouve ma vitesse de croisière, ne pas s’affoler. Pour cette première heure, ce sera 12 km/h. Je me focalise donc sur ma foulée. Être régulier et attentif. La position de mes pieds, être légèrement penché, dos aligné, tout est ok, yapuka laisser dérouler. Les changements de macadam s’effectuent durant trente minutes. Le public nous accompagne par ses « bravo » et son entousiasme.

7 km
Premier pont. La pente est bien présente… et nous entamons cette première traversée accompagnés par le tramway sur notre gauche. Les passagers nous observent et nous leur rendons la politesse par quelques sourires et signes de la main. Nous arrivons sur l’île Marguerite (Margit-sziget). Notre petit jogging dominical traverse donc un grand parc boisé parsemé de quelques fontaines mais majoritairement constitué de grandes surfaces gazonnées. Nous continuons, direction nord. Petite montée qui casse bien les guiboles et hop, nous voilà à courir sur le périphérique. Deux voies sur trois sont neutralisées par le marathon. Une longue file de véhicule roulent au pas et viennent, tout comme le tramway, nous accompagner sur environ 250 m. « Mais d’où sortent tous ces coureurs ? »
10 km Seconde phase du parcours : descente le long du Danube sur 5 km. Les ravitaillements constitués au début par des gobelets d’eau sont désormais accompagnés par de la boisson isotonique, des bananes et du sucre. Premier relai du marathon par équipe et il faut garder son calme quand un coureur vous double à toute vitesse… Nous continuons notre longue descente en direction du pont des chaînes (Széchenyi Lánchíd) et Buda sur notre droite est magnifique. La route semble descendre… cela veut dire qu’au retour nous aurons un peu mal aux jambes… A ma gauche, le sublime et féérique parlement hongrois (Kossuth Lajos tér) datant de 1904. Un jour, il faudra que j’aille le visiter.
Arrivée au Pont des chaînes (Széchenyi lánchíd). Nous entamons la longue et mesurée montée de cet ouvrage imposant, veillant à ne pas trébucher ou glisser sur les rails du tramway. A mi-longueur, j’aperçois le tunnel qui traverse la colline du château. Mon rendez-vous est pris à 11h au kilomètre 17 avec Dodo et Eta. Je suis à l’heure. Ma montre m’indique que ses piles sont faibles… Obsolescence programmée en pleine course = déception et inquiétude ! Sur quel rythme vais-je devoir me caler ? Peu importe, pour l’instant, il faut se concentrer sur la course. Virage à droite et hop, une belle montée avant d’entamer la descente qui nous mènera sur la rive du Danube. Les jambes répondent mais bedaine, telle un alien, s’est invitée à la course. Abdo-lescence certifiée ! Cet hiver, il va falloir jouer du gainage et de la salade verte. 😀

17 km
Dodo est là en vélo ! Il m’attend tout sourire avec son appareil photo. Quelle joie ! Je bifurque sur le trottoir et débouche sur Alagút u (??). Une petite pause photo, des rires, de la joie et Eta qui filme du troisième étage !!! Ravitaillement bonheur. Merci d’être là. Je repars ému de cette rencontre et je me fais aspirer par le tunnel. Cela résonne, on cri, on hurle, on gueule ! Petit délire passager (PDP). Petite boucle et hop, nous revoilà sur la berge du Danube. Passer sous les ponts, monotonie et ravitaillements sur 5 km. Beaucoup d’animations musicales sur tout le tracé. On passe du rock d’AC/DC à de la musique militaire, du jazz à de la techno, de la musique traditionnelle… Patchwork musical et sonorités métissées nous font oublier durant quelques instants le rythme régulier qui nous accompagne depuis le départ.

23 km
Je m’ennuie… et dire que nous n’en sommes qu’à la moitié… Les remontées de berge sont assez simple mais le retour vers le pont de la Liberté (Szabadság híd) est un long et régulier faux plat. Des pavés, du bitume, des vélos, de la musique, des hourras… et Dodo qui débouche en vélo au détour d’un virage. Cool ! Il m’accompagne jusqu’à la fin ?

25 km
La traversée du pont se fait tranquillement et j’apprécie la descente sur la rive droite. Les jambes répondent et le moral est bon. Ma montre me lâche. Je la rallume et dix minutes plus tard, elle s’éteint. Bon, je la rallumerai quand il faudra vérifier l’allure afin de ne pas me cramer. La longue remontée de 6 km pour atteindre le périphérique nord s’effectuera alors en solo, sans GPS… Passer le mur des 30 km, c’est possible ! Oui, la remontée est longue et hésitante parfois. Bedaine cours avec moi… Je tente quelques mots avec mes coéquipiers d’un jour et je prends mon mal en patience en saluant, en souriant et remerciant le public omniprésent tout au long du parcours. Dodo est toujours là. Il me surprend au coin d’une rue, le long de la piste cyclable. Il filme et m’encourage ! J’oublie quelques instants la fatigue et les kilomètres à faire.

32 km
– 
C’est dur, j’en ai plein les pattes… et nous entamons l’approche sur le périphérique. Oh surprise, une seule voie pour courir !! La voiture reconquiert son territoire petit à petit. Vite, vite, plus le temps de saluer les automobilistes… CO2 je te hais ! Nous revenons alors sur l’île Marguerite. Havre de paix provisoire avant d’entamer la dernière partie de la course. Je ramasse un drapeau hongrois sur le macadam. Un beau souvenir en perspective…
La remontée vers le pont Margaret (Margit Hid) me permet d’encourager et de remettre en course un compatriote français en panne d’H2O. Il a soif et marche, fatigué. « ça va ? Besoin d’aide ? – j’ai soif ! mais allez-y. – Vous inquiétez pas… je n’ai pas de temps de prévu. – Ok, c’est gentil. Merci. » Il me sourit et se relance sur quelques mètres. Il se remets à trottiner. Je l’accompagne ainsi jusqu’à la rive droite. Je lui souhaite bonne chance et profite de la descente pour me détendre un petit peu.

37,5 km
Les jambes sont lourdes et je suis impatient d’arriver mais un nouvel obstacle se dresse devant nous : le fameux pont ferroviaire dont m’avait parlé Dodo. Il n’est pas haut mais juste ce qu’il faut pour vous stopper net si vous ne le prenez pas dans le sens du poil 😀 Doucement, être régulier au niveau du rythme mais les jambes sont lourdes. La descente n’est pas forcement appréciée. Il ne me reste que 3,195 km. Un ravitaillement et j’ingurgite rapidement mon verre de boisson isotonique. Ma petite éponge qui m’accompagne depuis le début de course m’a rendu un grand service. Là encore, j’apprécie de boire sans avoir à renverser la moindre goutte sur la route.

39 km
Toujours en vie et cette avenue me met à l’épreuve. Une nouvelle descente pour passer sous la voie ferrée et remonter encore et encore… Je fatigue. Je tente de trouver le bon raisonnement pour évacuer les mauvaises pensées. Je me focalise sur ma foulée. Chaque mètre est une victoire sur moi-même. Dodo est à ma gauche, je le vois slalomer entre les piétons. « Super Olivier » Merci Dodo – Merci de m’accompagner. Je pense alors à Papa. Lui aussi m’accompagne. Je n’avais jamais couru seul depuis le marathon de Berlin. La pente devient plus douce et j’arrive à la place des Héros (Hősök tere). Ambiance, musique, applaudissements…. 40,5 km d’effectués. J’accélère sur 100 m pour me décongestionner les jambes. Je sais qu’à cet instant là, il me reste une petite difficulté juste avant les 100 m menant à l’arrivée. Je me relance puis je reviens à un rythme de croisière.

41 km
– Pas le temps de prendre le dernier ravitaillement. Un peu plus d’un kilomètre à faire sur une route qui n’est plus tout jeune : des trous, du pavé, des feuilles et toujours autant de monde à courir. Je discute avec un Italien qui me fait comprendre en me montrant ses mains que ses semelles de chaussures sont défectueuses… Allez hop, un encouragement et nous voilà filer à un rythme plus rapide sur une courte distance. Je le lâche. Je n’en peux plus. Je ne comprends pas. Bedaine !!!

42 km
Dodo est toujours là et il continue de filmer 🙂 Au fur et à mesure que l’on se rapproche du dénouement, la tension monte et je ne cesse de penser à l’arrivée et au sprint !!! J’espère avoir encore du Benzine pour les 100 derniers mètres… Oui, ça fonctionne. J’accélère et j’allonge la foulée. J’en ai encore sous les pieds, je tourne sur la gauche et hop, je file, j’accélère, stimulé par les encouragements et par l’envie d’en finir ! J’ai juste le temps de ressortir le drapeau hongrois et les bras tendus, j’exulte de joie en franchissant la ligne d’arrivée. C’est fait !!!
Petite remarque : inutile que je porte un t-shirt taille S pour me donner l’impression d’être bien gaulé… si, en levant les bras, on aperçoit ma bedaine saluer ainsi la foule avec insistance… 🙂 Nous sommes à nouveau réunis juste derrière le sas. Médaillés, ravitaillés et heureux. J’adore cet instant où nous partageons la même joie, celle d’avoir encore réussi cette épreuve. Dodo est là avec son vélo, il m’attends avec un sac. Il est retourné à la maison me chercher des affaires propres ! Ils sont adorables ! Je le remercie d’être là. C’est réconfortant. On parle, on échange, il me fait part de son émotion, de cette ambiance festive qui sent bon… la sueur et le Decontractyl. Quelques photos souvenir et on se retrouve quinze minutes plus tard au même endroit, le temps que je me change.
Le retour se fait donc à pied, histoire de gommer légèrement les premières courbatures. Revenir à un rythme normal et se détendre. Le temps est stable, pas une goutte de pluie durant la course mais il ne faut pas tarder. Le froid et la fatigue n’attendent pas. Direction l’hôtel pour une bonne douche et deux heures de sommeil avant de rejoindre mes chers amis Hongrois côté Buda.

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De belles rencontres, des sourires et de belles discussions en hongrois, anglais et français durant ces trois jours passés à Budapest. Un sentiment de liberté et aussi celui de faire partie d’une grande famille. De l’attention et l’envie que ces échanges soient constructifs et enrichissant humainement.

Durant la course, nous sommes livrés à nous mêmes, face à nos choix, à nos décisions. On peut passer d’un état de bien-être à l’envie de tout arrêter et d’abandonner. Qu’est-ce qu’une course face à la préparation ? On se sent alors ridicule parfois d’avoir à valider sur 42,195 km tant d’efforts et d’engagements envers soi-même, responsabilité envers ses amis, ceux que l’on aime et qui nous accompagnent en pensées. Juste avoir du plaisir et pouvoir partager notre récit avec notre entourage, nos amis. Inciter aussi au voyage, à aller à la découverte de soi et de l’autre. Prochain rendez-vous : Barcelone, Venise, Athènes ou Amsterdam ?

8 octobre 2015 > Prépa Budapest

Dans trois jours, nouveau marathon à Budapest. Préparé, oui et non. Je n’ai suivi aucun programme, ni même de plan d’entrainement de 8 ou 12 semaine. Entre fatigue et envie de ne rien lâcher. On en revient toujours au même point : pourquoi arrêter de courir alors que cela ne prends que 3 à 4 heures par semaine ??? L’hiver approche et il me semble important de ne pas laisser tomber. On verra…

4 octobre 2015 > Prépa Budapest

Dans une semaine, je serai sur la ligne de départ du marathon de Budapest. Quoi de plus bizarre que de se retrouver parmi des milliers d’inconnus en short et dans un pays qui ne parle pas votre langue. Rien n’est plus agréable que de se sentir ailleurs, totalement détaché de ses repères habituels, entre isolement et excitation, entre envie de rester avec soi-même et rencontrer la planète entière. Seul moment où je me sens en osmose avec un aussi grand nombre de personnes. Une famille, une unité dans un même instant, pour une même cause. Tous différents mais tous présents. Il y a bien entendu les  compétiteurs, les chronophages, ceux qui se détacheront du lot mais qu’importe. Il ne restera que nous, simples coureurs devant nous-mêmes, en attente du signal qui donnera le départ aux doutes, aux plaisirs, à la certitude, à la découverte. Vivement dimanche.

21 septembre 2015 > Prépa Budapest

Toujours sur la route et je sens physiquement quelques changements. Deux séances la semaine dernière et un week-end passé à me reposer car le corps à besoin de récupérer. Du coup, gros coup de pompe… et du plaisir à « micro-siester » plusieurs fois dans la journée. Vidé comme pour évacuer les tensions et la fatigue nerveuse aussi.
Au fur et à mesure des séances, la perception se modifie et je ressens les tensions liées à l’effort. Comme une corde de piano, la vibration liée à la foulée et au positionnement du pied sur le sol passe se définie de plus en plus. Elle finira par s’estomper et laisser place à une foulée totalement en osmose avec l’effort, à une sensation de bien-être.
Physiquement, le corps doit s’accorder au type d’effort. La musculation doit se faire au fur et à mesure de l’activité pour finir par être totalement adaptée à l’effort. Elle se fait et se construit par l’effort sur le terrain. J’ai souvent pensé faire des séances de musculation en club mais le volume généré est une masse qu’il faut entretenir durant l’effort et un poids supplémentaire à porter. Le stock de graisse est alors bien utile car en endurance, c’est la première ressource d’énergie utilisée. O

210914 – Marathon de Tours

MARATHON DE TOURS (2014)
Tout a commencé par un coup de fil qui, par magie, vous motive et vous redonne de l’énergie : j’en avais énormément besoin. Décembre 2012, croyant bien faire, j’avais décidé d’arrêter l’entraînement au marathon. L’après-Berlin célébré, j’avais stupidement renoncé aux endorphines mais elles ne m’avaient pas lâchées. Mécontentes, quelques semaines plus tard j’étais au fond du sac. Un sentiment de honte (celui d’avoir laissé parler mon coeur plutôt que mes quadriceps) co-voiturait ma motivation. Reprendre les séances… retrouver la ligne, le plus dur restait à faire.
Ce soir de février 2014, une main tendue, une proposition, une idée de reprendre le goût à l’entraînement frappaient de nouveau à ma porte. Richard et Céline me proposaient de participer et de venir avec eux en septembre à Tours. Le challenge était formidable, c’était leur premier marathon ! De leur côté, ils étaient déjà bien avancés sur le programme… Le duo génial courrait régulièrement depuis plusieurs semaines : Buttes-Chaumont, La Villette et canal St-Martin… la Parisian love team était déjà bien rodée, raisonnée et régulière dans l’effort, l’objectif étant simplement de se faire plaisir et d’avancer, ensemble sans toutefois se fixer un timing bien précis. Durant ces quelques mois de préparation, nous avons donc conversé au téléphone, parlant de nos entraînements respectifs, de nos doutes… et la motivation revint au fur et à mesure. Les mois devinrent des semaines et le jour du retour arriva.
LE DEPART
En cette matinée fraîche d’un vingtième jour de septembre 2014, valise bleue en mode minimal, je me laissais bercer par le mouvement continu du TER, le regard happé par ces fileuses du rail et le chant mélodieux du bogie-woogie. Tours, tout droit et en bas, no soucy! Je renoue avec la cool attitude qui m’accompagne durant ce voyage de 120 minutes. Nous allons courir ensemble, c’est magique !
Gare de Tours, une heure en avance, 10h50, le meeting point est fixé à 12h.
Le temps de faire un tour de hall de la gare et de humer l’air frais tourangeaux, j’avance en mode repérage, limite comateux vu le réveil… Dans ma « réflexion », la Loire me relie à Nantes donc Tours n’est pas très différente. Cet attachement au fleuve, ce côté sud-Loire imposé… ça me plaît et je sens que la journée va être toptop !L’hôtel est loin d’être une auberge de jeunesse ou un des ces nombreuses bannettes d’un soir dont j’ai eu l’habitude de fréquenter lors de mes déplacements en lone runner. C’est une belle résidence hôtelière qui nous fait l’honneur d’accueillir nos corps dédiés à l’effort et à la boisson isotonique. Pour un quartier proche de la gare, c’est pas franchement craignos. On pourra rentrer tard sans se faire aborder par quelques haleines imbibées de Villageoise ou encore slalomer entre les marguerita et autres repas exotiques mal digérés. C’est un bon choix de l’organisation.
L’air est frais et stimulant, le soleil brille, le ciel est bleu, les oiseaux et quelques voitures, pour un samedi matin, c’est bien calme. Un appel sur mon maboul, ils arrivent. On se retrouve donc dans le hall de la gare, tous les trois souriant. Y’a du chabadabada dans l’air, j’adore les retrouver à chaque fois. Sourires, embrassades et joie de se revoir, la famille, les cousins ça fait du bien. Welcome à tous les trois. Encore deux runners à récupérer et la crew sera au complet. Direction l’hôtel où, après quelques déboires pour trouver les bons ascenseurs et le bon étage, nous arrivons enfin à spoter nos chambres. Spacieuses, agréables et fonctionnelles, tout est ok pour ce week-end. La classe !
Deux nouvelles recrues arrivent. ‘Mélie, la géniale surfeuse et « G.I. » Gil, le tech’ run’ (c’est leur arme secrète !). Il y a un petit air de colonies de vacances. Comme des gamins, nous choisissons nos chambres : les filles d’un côté, les gars de l’autre. Le temps de déballer nos affaires et de faire connaissance avec mon camarade de chambrée, nous partons ensuite manger la traditionnelle assiette de pâtes en ville. Je suis intimidé par toute cette bonne humeur, un vrai plaisir d’échanger, de rires et de détente en terrasse. Merci les filles, vous êtes au top !
 L’après-midi bien entamé, tous dans la bonne humeur, nous partons chercher nos dossards, prêts à dégainer nos certificats médicaux. Je ne compte plus les paires de running à l’approche du village du marathon où il règne une ambiance festive. J’adore. Yohann Diniz est présent et accompagnera le lendemain les coureurs sur le 10 km.
45 minutes plus tard, dossards, sacs cadeaux, deux bouteilles de vin et une veste technique Asics de qualité ! Rouge ou verte, la fashion week commence tôt cette année 🙂 Quelle générosité pour une première édition.
Retour à l’hôtel, quelques courses pour le repas du soir… des pâtes, de la bonne humeur, des pâtes… et le brief de Gil qui détaille la stratégie de course pour le lendemain matin. Je suis cela avec curiosité, c’est pas trop mon truc les programmes, les tubes de gels attribués selon les kilomètres, allure de course. En mode mini mâle, je n’ai pas d’objectif, juste finir. C’est la reprise et le plus important c’est accompagner Richard et que l’on termine notre course. Ready ? Presque minuit ? Start ! Tous au lit !
LA COURSE
Tututututu – Le réveil sonne, il est 6h. Je n’ai pas trop dormi. Être à l’heure donc je ne traîne pas. J’ai le sentiment de me retrouver à la caserne. Mon binôme de chambrée est aussi réveillé. Sans un mots, nous préparons notre sac, douche et petit-déjeuner sur les tartines-blocks. Toc-toc, on ouvre, c’est Richard : « Alors, bien dormi ? – Oui, ça va… – Prêts ? – Oui, ça va… » Sourires, allez hop, on y va. 8h. Il fait frais, même météo que la veille. Génial. La joyeuse troupe est prête. Les filles sont là, toujours de bonne humeur, j’adore. Une petite photo du groupe avant la mise en route puis une seconde et de belles autres à venir… encore 😀 Sur le chemin, on égraine sa joie, ses interrogations, son humeur, ses pensées au fur et à mesure que la ligne de départ se profile. Eh oui, on va tous finir par y arriver 🙂 Arrivés au départ… l’ambiance est là. Sautillements, échauffements, sourires, grimaces, odeurs et selfies. Consigne est faite et maintenant c’est la fête ! Ça se trémousse sur la ligne de départ, déguisés, enjoués, colorés, les bras en l’air, tous emmenés par la musique et une animation du tonnerre. Gil sourit un max, les filles sont heureuses, Richard et Celine aussi. De mon côté, je suis dans ma bulle : je me suis isolé un instant, je regarde et je pense à mon père. Première course après Berlin, cela faisait un bail (presque deux années). Heureux de reprendre du service, je pense à toi Daddy. Donc, la joyeuse team se régale et nous n’attendons qu’une seule chose, que la meute s’élance enfin. Avec Richard, nous avons convenu de partir vraiment « easy » : à 9 km/h de moyenne, on ne prend pas de risque. Je pars avec, j’arrive avec ou j’abandonne avec. On ne se lâche pas, c’est notre contrat.
9h05 : Bordel… c’est le départ !
Les conditions sont superbes, il fait bon et on run pour 42 km sous un ciel bleu. Les filles sont parties avec Gil depuis quelques minutes. On fait bande à part mais disons plutôt que nous avons une stratégie de course bien affûtée… l’idéal étant d’éviter de se faire ramasser par la voiture balais. Nous surveillons donc nos arrières. 😀 Nous courons maintenant depuis 20 minutes et le troupeau des runners alimente par ses globules rouges, bleus, blancs, multicolores, les artères et les ramifications bitumées. Au rythme des foulées, la ville bât avec un second cœur. Les Tourangeots nous applaudissent et nous encouragent avant d’entamer les 20 prochaines bornes dans une quasi-totale-solitude… Nous récupérons en chemin un nouvel adhérent qui se joint à notre formidable aventure. « Je peux courir avec vous ? » Bien entendu, bienvenue à Thierry ! Après avoir fait les présentations, le trio s’éloigne progressivement de l’agglomération, de la voiture balais que l’on aperçoit quelques kilomètres en arrière, girophares allumés. Non, non, nous n’avons pas la pression 🙂 Dans un virage avant de traverser le pont, je me fais gentillement baptisé « petit Schtroumpf bleu » par un gamin… j’adore ! J’aurais plutôt opté pour « Schtroumpf à casquette » !
5 km : La campagne, les premiers champs et c’est toujours aussi plat. Richard est à mes côtés, il va bien mais je le sens un peu tendu quand même. Je prends des nouvelles de temps en temps et je le laisse caler son effort. Parler, rire, discuter par endroits pour faire distraction. Détendus. Nous passons le premier ravitaillement et il n’y a plus rien à boire… Les tables sont vides ou ont plutôt été vandalisées par la horde. Je ramasse une bouteille à moitié vide juste dans le cas où il faudrait faire descendre la température. Un peu sur la tête et hop ! 18°C c’est peu mais le corps lui commence à chauffer. Ne pas désespérer… imaginons un instant que cela dure ainsi jusqu’à la fin… non, non… passons. Je suis quand même toujours étonné par le gaspillage sur les premiers ravitaillements : boire une gorgée et jeter la bouteille, comme des champions… c’est très pro ? Le geste est là… l’allure viendra ou pas. Bref, on récupère ce que l’on peut, évitant tout de même les containers à bouteilles et autres poubelles disposées le long de la chaussée. Quelques centilitres suffisent pour éviter la surchauffe.
7 km : la route est belle, les champs, les oiseaux et Richard qui me lance « Encore 6 fois cette distance… ». Je lui dis de se concentrer sur sa course, de ne pas y penser et que le plus beau est à venir. Positiver et nous n’avons pas fini de compter. Nous doublons quelques coureurs bien trempés, proposons notre eau pour rafraîchir… des mercis, des sourires et des encouragements. Toujours une petite pensée pour ceux qui nous accompagnent et ceux qui courent à un rythme différent.
10 km – 10h10 : un nouveau ravitaillement avec, cette fois, de l’EAU POTABLE, enfin ! C’est un soulagement, pas déshydratés mais rassurés. Un petit moment de fraîcheur bien apprécié à l’ombre des peupliers et chênes disposés le long du chemin goudronné. On change d’ambiance, on change d’état d’esprit et le Cher n’est plus très loin. Encore des champs, quelques habitations et pas beaucoup de coureurs à l’horizon. Où sont les femmes ? mais oui, où doivent-elles être à cet instant ? Gil prend soin d’elles !
15 km : Je discute avec Thierry et il me fait part de sa décision de s’arrêter au prochain village. Malgré mes encouragements pour qu’il continue avec nous au-delà du Semi, il préfère s’arrêter là-bas. Ok mais ce n’est pas une raison pour relâcher le rythme que nous essayons de garder depuis maintenant plus d’1h45. Nous apercevons sur notre droite le Cher, une embarcation à fond plat utilisée pour naviguer sur la Loire (un bâteau…), les premières maisons et nous arrivons à Savonnières. Le trio se relance donc à nouveau, stimulé… par le ravitaillement, les bravos et encouragements du public. Nous nous sentons moins seuls, c’est vraiment agréable. Une petite montée et là, le 23e kilomètre à quelques mètres de l’autre côté de la barrière… À tout à l’heure.
Un arrêt et des remerciements pour Thierry. Son objectif est atteint. Merci de nous avoir accompagné durant ces deux heures. Bon repos ! Après cette petite pause « négociée », nous engageons un nouveau combat long et silencieux avec ce magnifique faux plat de résistance d’environ 3 km… qui nous emmène à Villandry. Un peu de fraîcheur et un boulevard devant nous comparé aux petites routes pittoresques qui nous ont amenées jusque ici. Richard s’accroche au bitume et l’idée que nous n’avons pas encore fait la moitié du parcours commence un peu à éroder nos belles et généreuses convictions. Oui, au 21e, nous remettons cela pour, au minimum… deux heures de course.
19 km – 11h15 : l’entrée du village, un peu d’humanité après ces quelques minutes de solitude, le château, son parc et une petite séance de slalom entre les pavés, les haies de buis avant de dégainer son plus beau sourire de compétiteur au photographe qui mitraille à tout va. Sourire, c’est aussi une question de muscles et dans ce cas là, on pourrait plutôt parler de rictus. Faire semblant de sembler sans blanc… Vite, revenir à l’essentiel, sortir de ce jardin trop orthonormé et exigüe pour nos corps galvanisés par l’effort 🙂 : revenons à la course. Vilan-dry : dry signifie sec = J’ai soif ! Cela tombe bien, un petit ravitaillement sous les peupliers, de longues tables quasi désertes… J’oubliais, nous sommes « l’arrière-garde » de la troupe. Étrange de se retrouver si seuls comme si cela n’intéressait plus personne. La fête est finie ? Quelques gobelets avalés, bananes mâchées, bouteilles vidées… et hop ! « Richard, on y va ! – Oui… (j’ai l’impresison que mon binôme traîne des pieds). – On a encore du chemin et si on s’arrête trop souvent, on finira par ne plus pouvoir partir… » Oui, c’est dur pour tout le monde… l’état d’esprit change, ça va être chaud. En parlant de température, elle monte légèrement depuis ce matin… Nous revenons sur nos pas : une belle épingle à cheveux. Pas trop fan.
On passe le 21 kilomètre à 11h30… soit 2h30 x 2 = 5 h minimum de course. En y réfléchissant, je me mets une heure dans la goule. L’expérience est intéressante, traîner après s’être entraîné… c’est l’inconnu mais je reste positif. Je devrai être au 30e kilomètre à cet instant. En tant normal, il me reste une heure à courir. Passons. Je suis là pour Richard. Où est-il d’ailleurs ? Juste derrière-moi ! Allez, encore un peu plus d’un kilomètre avant de franchir le Cher pour la dernière fois.
LE SEMI-MARATHON
22 km – Savonnières (11h45) Nous remontons sur Savonnières en longeant les rivière. Nous passons le pont sur la gauche et nous redescendons en petite foulée avant que Richard ne s’arrête quelques mètres plus loin : il y a un truc qui ne passe pas ? « Comment te sens-tu ? – J’ai mal un peu partout, c’est dur. – Oui… je vois cela. Ton genou ? – Il tient… »
Silence… En sueur, le regard interrogeant le sol puis il se relève, les mains sur les hanches comme pour rechercher son souffle. Il s’interroge, ne dit rien, il reprends sa respiration. « Dis-moi ce que tu ressens ? Il grimace, regarde ailleurs puis se il se tourne vers moi. – Ça va… c’est dur. » Nous discutons quelques instants afin de trouver les bons maux pour de bonnes paroles. Richard prend la décision de changer d’allure.
5 minutes plus tard, nous repartons tranquillement, conscients de ce qu’il nous reste encore à faire… Petite traversée en passant dans une dépression maraîchère située entre les deux levées de terre. Il fait chaud, j’ai besoin d’une bière. A un carrefour, une auto, une glacière, un parasol parachutés là… un signaleur, quelques encouragements d’une solitude partagée. Je trottine, je serpente et je prends le temps de discuter avec mon voisin de course : la soixantaine bien passée, sec et vouté, teint rosé, un peu plissé, un peu usagé et des cheveux blancs embataillés. Combien de marathons déjà concourus à cet instant ? (je ne sais plus). Sa détermination et sa légèreté me stimulent et m’inspirent. Sa foulée précise et délicate me rappelle que le temps est avec nous et que ces 42,195 km ne sont qu’une petite distance comparée à ce qu’est notre longue existence. Nous continuons notre route en direction des bords de Loire.
27 km – Il est 12h30.
Nous y sommes et nous profitons d’une petite pause pour échanger quelques mots et nous ré-hydrater. Nos cuisses tiennent le choc et le moral est au beau fixe. Devant nous, notre nouveau défi : un magnifique tapis de course de 15 kilomètres… serpentant et longeant la Loire jusqu’à Tours. Comme une sensation de déjà vu… Nous repartons tranquillement parmi les quelques coureurs, eux aussi éprouvés par l’effort et sous un soleil poursuivant sa grasse matinée, enroulé dans une couette pommelé. Il fait chaud. Concentré et imperturbable, Richard va bien. Il distille son effort et reste dans sa bulle avec son chrono comme unique confident, allure en mode 5.1 : 5 minutes de course pour 1 minute de marche… Comment gère-il sa motivation? Récite-il un mantra pour se soustraire à la réalité ou bien rien, juste de la souffrance ou une sacrée envie d’y arriver ? Je l’admire. Je garde mes distances tout en ayant un œil sur lui.
30 km – Berthenay.
L’animation musicale fait de la résistance : là aussi, il faut avoir du souffle après avoir vu passer près les 4/5e des coureurs, du courage pour stimuler avec conviction les derniers forçats de la route. Les bénévoles nous accueillent, nous les bitumeurs, avec le sourire et un enthousiasme réconfortant. Nous prenons le temps de longer la longue table dressée en « notre honneur » sur laquelle s’obstinent encore quelques bouts de bananes, pierres de sucres, gobelets à eau et raisins secs. Un peu démembrés, nos gestes sont maladroits, désordonnés. La fatigue modèle le pas et marque nos organismes. Ne pas traîner, juste ce qu’il faut pour repartir.
35 km – Saint-Genouph.
Richard tient la cadence. Je viens prendre des news et je reste près de lui. C’est long, très long et aucune idée de l’heure à laquelle nous arriverons à Tours. Les filles et Gil doivent avoir franchis la ligne d’arrivée à cette heure-ci. J’espère que leur course s’est bien déroulée. Je n’ai même pas pris le temps de m’intéresser à leurs objectifs ou ai-je trop rapidement décroché lors des briefings post-marathon ? Je n’en sais rien, ma réflexion est brouillée à cet instant.
39,35 km – 14h06 soit… 5h10 de course.
Nous passons sous le périphérique. Encore 3 kilomètres, ce sont les plus durs. La distance est courte et les organismes sont à bout. Je pensais me dispenser de fatigue mais là c’est loupé. Richard tient le coup mais il grimace et il est temps, grand temps de terminer l’épreuve.
40 km – Une petite alerte : dernier ravitaillement avant l’arrivée et Richard a un léger malaise : coup de fatigue ou est-ce une hypoglycémie ? Nous nous asseyons et attendons quelques instants. Boire par petites gorgées, se poser des questions, voir si l’on réagit correctement et manger un minimum pour reprendre des forces. Après quelques minutes de pause, nous reprenons le fil de l’histoire… tranquillement ou presque… Nous suivons l’artère sur deux kilomètres, puis ensuite bifurquons sur la gauche et à droite avant d’arriver sur les grands boulevards.
41 km : La musique, le speaker, le public, les applaudissements… le contraste et le sentiment de n’être qu’un zombie, courant je ne sais comment, à la limite du déséquilibre. Les jambes sont dures. Chaque pas martèle le sol, nos corps tendus et la nervosité se mêlent à la fatigue. La crainte de courir trop vite ou de chuter nous incite à être vigilants, décontenancés par cette cacophonique sensorielle intense.
42 km : Nous y sommes presque, ce n’est pas un mirage, juste devant nous… La foulée s’allonge et l’émotion est là : la gorge nouée, je laisse Richard filer devant moi mais d’un geste, il souhaite que nous finissions ensemble. 50 mètres encore… les mains serrées, les bras tendus, 42,195 km plus tard… nous voilà, enfin libérés de nos obligations. 5h 39 de course, c’est dingue ! Nous nous prenons dans les bras comme pour se rappeler que nous sommes physiquement vivants. Un grand merci, une joie discrète et intense qui reflète notre état de semi-épuisement. Nous sommes au bord des larmes et je me retiens de ne pas éclater en sanglots. Je lève les yeux au ciel, j’avale ma salive et je reprends mes esprits.
Nous sommes réveillés de notre torpeur émotionnelle par des exclamations : « les gars, on est là !» Juste derrière nous, ce sont Elles et Lui, notre club de supporters ! Ils ne nous ont pas oubliés. Souriant et heureux de se retrouver, nous échangeons de vive voix, gesticulant sans toutefois faire attention aux coureurs qui franchissent la ligne au même instant. Oups ! Quelques mots échangés mais il faut avancer et penser à se réchauffer. Nous nous dirigeons vers le sas de sortie pour effectuer les formalités administratives d’usage (médaille, bouteille d’eau et banana…) pour être anoblis officiellement en tant que Finishers du marathon de Tours 2014. Les retrouvailles sont magiques : on s’embrasse, on se congratule, rassurés et rassurant, la « R Force One » et G.I. Gil me paraissent en excellente santé, débordants d’énergie as usual, ils sont en pleine forme. Merci pour ce rafraîchissement, c’est délicieux et réconfortant. Un grand merci pour ces sourires.
REPOS DES GUERRIERS
Nous nous dirigeons vers le village pour récupérer nos affaires consignées. J’ai froid et il est impératif changer de fringues. Nos jambes tiennent encore mais une petite séance de massages serait la bienvenue. Un sms rapide à la famille pour rassurer tout le monde et je passe mon portable à Richard qui s’éloigne puis disparait dans la foule. Derrière moi, le marathon continue d’exfilter ses derniers naufragés de la route. J’aperçois quelques visages grimaçant de fatigue mais rapidement l’émotion et les sourires reprennent le dessus, satisfaits par tant d’efforts et de sacrifices.
Je rejoins mes coéquipiers de course allongés sur la pelouse en mode détente : bivouac de sourires, de rires et d’échanges autour de la course et nous en profitons pour nous désaltérer, grignoter et enfiler des vêtements secs. Richard nous a maintenant rejoint, lui aussi est encore sous le choc : l’émotion est passée par là et l’expérience marathon l’a définitivement marquée. Bienvenue à toi. Nous resterons près du village au moins une heure avant de revenir à la résidence, « détendus » afin de profiter enfin d’une bonne douche et du confort d’un bon lit. Un régal de partager ces moments de joie et de convivialité. « Je Team à la folie ! »
La fête se prolongera ensuite le soir dans le vieux Tours : nous nous mettrons une double pression en terrasse… puis nous oublierons notre semaine dédiée à la cuisine italienne pour apprécier avec finesse et délectation un bon repas japonais… Qui l’eut-cru ?
« Richard, « G.I. » Gil, Céline, ‘Mélie et Sylvia (La R Force One), je souhaitais vous remercier pour l’énergie, la motivation, l’enthousiasme et la générosité que vous nous avez fait partager durant ces deux jours. J’espère que nous aurons à nouveau la possibilité de nous retrouver pour une nouvelle aventure. »
Bien à vous,
Olivier

111112 Caen Prairie

Sortie d’une heure avec l’envie de tout arrêter… Difficile dans la tête gérer mais après quelques kilomètres, je me suis relancé. Pourquoi interrompre l’entraînement alors qu’il ne dure qu’environ 3 à 4 heures par semaine ? Toutes ces courses pour rien ? Si, pour le physique, le sentiment de se sentir bien dans sa peau mais parfois… marre.

Distance: 12,72 km – Temps: 1:01:25
FC moy.: 147 bpm (80 % de la valeur max.)
FC max.: 163 bpm (89 % de la valeur max.)

211012 Caen / Saint-Manvieu / Verson / Eterville / Caen

Sortie car j’en peux plus de rester à mariner dans mon jus… L’entraînement pour le marathon agît encore pendant plusieurs semaines et l’envie de runner est toujours présente comme si le corps réclamait cet effort hebdomadaire.

Distance: 22,58 km – Temps: 2:03:27

Allure moy.: 5:28 min/km

FC moy.: 143 bpm (78 % de la valeur max.)
FC max.: 161 bpm (88 % de la valeur max.)