Énième remise en route hier pour tenter de retrouver du plaisir à courir. Alternance en marche et course pour me réhabituer à l’effort physique et travailler mon réveil musculaire. Pas plus de 130 Bpm pour une vitesse d’environ 6 km/h en moyenne soit la moitié de mon rythme de croisière en entrainement. 1h 20 plus tard, satisfaction de ce rendez-vous avec soi-même malgré beaucoup de pensées positives et souvenirs qui se sont greffés à cette sortie détendue et pleinement appréciée.
Ce matin, j’ai retrouvé les sensations de ce corps suite à l’effort d’hier, de ce manque de contact physique pour panser la stimulation musculaire, comme si le corps demandait de l’aide. Ressenti et sentiments remontent à la surface : 9 ans déjà.
Archive: Journal de bord
180520 Lassitude
Presque 6 mois sans courir et la motivation n’est toujours pas là. L’idée de reprendre la course à pied est quotidienne mais les premiers pas sont toujours aussi douloureux. Beaucoup d’émotions sont encore liées à cette activité sportive et je n’arrive pas à évacuer mes traumatismes, mes peines et ma lassitude. J’ai pourtant énormément aimé mais le corps n’est plus celui désiré. 15 kilos de trop par rapport à l’affûtage pour Berlin (2012) et 10 kg de trop par rapport à mon poids de forme. Mon activité professionnelle étant statique, j’ai de la difficulté à me remotiver.
18 octobre 2016 > Prépa Athènes
Deux nouvelles sorties avec alternance faux-plats et côtes. Toujours aussi dur mais après une bonne heure, c’est nickel. Le fait de s’amuser, de créer de nouveaux modules urbains me réjouis. L’idée que cela dure tout l’hiver et fasse ses preuves au printemps m’enchante. La motivation est là, je dois juste veiller à bien écouter mon corps et notamment faire attention aux genoux ainsi qu’au nouveaux groupes de muscles sollicités sur ce type de dénivelé.
J’allonge le circuit en essayant de me projeter sur Athènes, longues lignes droites plus faux plat et côtes. Gestion et assimilation de la douleur sur de longs faux plats, récupération en plein effort et relance.
Je vais continuer à allonger les séances tout en faisant intervenir le dénivelé à différents endroits afin de ne pas rester dans un confort idéal de course.
8 octobre 2016 – Clécy
Sortie de deux heures avec à peu près 19 km. Après avoir fait des micro montées durant deux semaines, première approche de cette côte de 5 km avec des portions de 12-14% dès le début du circuit. Petit désagrément de courir avec un sac de trail pour les provisions, problème de placement et de bruit (eau)… pas très agréable. Néanmoins, après 5 à 6 arrêts pour absorber et assimiler l’effort, le plaisir a été d’arriver au bout et je pense y revenir plusieurs fois afin de faire encore mieux connaissance. j’ai d’ailleurs deux nouveaux circuits aux alentours, notamment une côte longue de 4 km, régulière et bitumée avec amour.
Le reste du circuit fut agréable, le souffle quasiment inaudible (second souffle) et d’un confort vraiment agréable. Descentes longues et je n’ai cessé de penser à Athènes : comment serai-je au 30 e kilomètre ?
Ces prochaines semaines seront à nouveau dédiées aux cotes en veillant aussi à composer avec des amorces moins pentues et plus longues afin de gérer correctement mon effort.
La ceinture abdominale se renforce tout doucement et j’espère pouvoir d’ici la fin d’année reprendre tout doucement la musculation. Je ne dois rien lâcher.
7 octobre 2016
L’entraînement se déroule bien. Irrégulier mais plus ciblé sur le dénivelé et la récupération en course. Depuis plusieurs mois, je tentais de retrouver l’équilibre essentiel à une bonne foulée mais difficile de trouver un terrain d’entente, entre prise de tête et prise de poids, je devais réagir.
Mes sensations tant recherchées n’étaient pas au rendez-vous : ma prise de poids, certes minime (5kg de mon poids habituel mais 10 kg de mon record personnel au marathon), ne me permettait pas de m’entraîner sereinement. Le mental et le physique étaient en opposition.
Fini les sorties hamster à tourner sur une boucle de 3 km durant une heure, terminé les objectifs habituels. Le poids supplémentaire modifie mes appuis et donc joue sur ma foulée. Ne plus courir à 12 km/h, accepter de descendre à 10 ou 9 km/h. Difficile. Ce sentiment de m’épuiser à courir lentement… Le temps d’impact est long et il est d’autant plus fatiguant qu’il me faut au moins une heure pour me sentir bien et enfin avancer.
J’avais laissé tombé les programmes d’entrainement depuis mon premier marathon. Fini les 8 ou 12 semaines, courir toute l’année, en tout temps. J’ai donc fractionné mes sorties, changé mes habitudes afin de retrouver la ligne. J’ai décidé de m’amuser, de choisir mon terrain de jeu. Du plaisir à combiner les modules de côtes, les escaliers, les lignes droites suivies de faux plats… se raconter des histoire entre soi, s’entendre dire que l’on est con de faire cela tout en veillant à ne pas se blesser. J’ai tout l’hiver pour travailler, pour repenser mes courses.
Mon profil de coureur a aussi changé donc pour ce qui est des sprints et autres exercices de force : petites doses pour éviter de me blesser. Je n’ai jamais été très musclé, volumineux, plutôt crevette :). J’ai donc adapté mon entrainement à ma morphologie, mon caractère, mes envies et surtout par rapport à mon historique. Mes mouvements me sont propre, mon approche face à l’effort est aussi personnelle et tout ce dont je pense c’est d’étreindre ma liberté avec autant de délicatesse, de force et de foi.
Le marathon de Barcelone s’est fait sans réel entrainement, comme si je me sentais blasé ou peu intéressé par l’épreuve. j’avais changé de chaussures un mois auparavant, marché, ronchonné mais toujours motivé. Berlin (3h14) reste mon Everest et je pense à nouveau tutoyer ce temps d’ci 2017.
30 août 2016
Me revoilà après quelques mois d’absence. Toujours « on the run » mais avec 5kg en plus de mon poids de forme, soit 10 kg à perdre par rapport à Berlin. L’été s’achève et il faut déjà penser à s’alimenter correctement en veillant à restreindre graisses saturées et sucres raffinés. Préparer le printemps cet hiver et courir régulièrement pour les prochaines courses.
Je prépare mon 8e marathon et à vrai dire, c’est long mais tellement passionnant. Les sensations sont loin et psychologiquement, il faut sans cesse se recentrer, se souvenir des sensations et assainir les multiples pensées succeptibles altérer ma motivation pour y croire encore et encore. Le doute est là et l’envie de lever le pied est omniprésent mais que sont ces quelques heures de footing par rapport à toutes celles passées devant un écran d’ordinateur… ? Repenser aux joies et au plaisir de jouer avec ces circuits urbains ou nature, retracer et s’approprier les rues, montées, escaliers et trouver de nouvelles combinaisons, de nouveaux enchaînements dans les multiples ruelles surplombant la Prarie. S’amuser pour mieux encaisser.
J’ai quelques problèmes de chaussures, comme si je ressentais le désir de courir pieds nus, au plus près du sol. La rigidité des semelles et le fait quelles ne servent pas tout le temps font que j’ai l’impression parfois de courir en sabots. La foulée est lourde et peu dynamique, ponctuée par de nombreux arrêts comme si la machine était longue à démarrer. Il me manque cette légèreté, cette sensation de filer au-dessus du sol. Cela viendra prochainement, d’ici quelques mois.
8 octobre 2015 > Prépa Budapest
Dans trois jours, nouveau marathon à Budapest. Préparé, oui et non. Je n’ai suivi aucun programme, ni même de plan d’entrainement de 8 ou 12 semaine. Entre fatigue et envie de ne rien lâcher. On en revient toujours au même point : pourquoi arrêter de courir alors que cela ne prends que 3 à 4 heures par semaine ??? L’hiver approche et il me semble important de ne pas laisser tomber. On verra…
4 octobre 2015 > Prépa Budapest
Dans une semaine, je serai sur la ligne de départ du marathon de Budapest. Quoi de plus bizarre que de se retrouver parmi des milliers d’inconnus en short et dans un pays qui ne parle pas votre langue. Rien n’est plus agréable que de se sentir ailleurs, totalement détaché de ses repères habituels, entre isolement et excitation, entre envie de rester avec soi-même et rencontrer la planète entière. Seul moment où je me sens en osmose avec un aussi grand nombre de personnes. Une famille, une unité dans un même instant, pour une même cause. Tous différents mais tous présents. Il y a bien entendu les compétiteurs, les chronophages, ceux qui se détacheront du lot mais qu’importe. Il ne restera que nous, simples coureurs devant nous-mêmes, en attente du signal qui donnera le départ aux doutes, aux plaisirs, à la certitude, à la découverte. Vivement dimanche.
21 septembre 2015 > Prépa Budapest
Toujours sur la route et je sens physiquement quelques changements. Deux séances la semaine dernière et un week-end passé à me reposer car le corps à besoin de récupérer. Du coup, gros coup de pompe… et du plaisir à « micro-siester » plusieurs fois dans la journée. Vidé comme pour évacuer les tensions et la fatigue nerveuse aussi.
Au fur et à mesure des séances, la perception se modifie et je ressens les tensions liées à l’effort. Comme une corde de piano, la vibration liée à la foulée et au positionnement du pied sur le sol passe se définie de plus en plus. Elle finira par s’estomper et laisser place à une foulée totalement en osmose avec l’effort, à une sensation de bien-être.
Physiquement, le corps doit s’accorder au type d’effort. La musculation doit se faire au fur et à mesure de l’activité pour finir par être totalement adaptée à l’effort. Elle se fait et se construit par l’effort sur le terrain. J’ai souvent pensé faire des séances de musculation en club mais le volume généré est une masse qu’il faut entretenir durant l’effort et un poids supplémentaire à porter. Le stock de graisse est alors bien utile car en endurance, c’est la première ressource d’énergie utilisée. O
22 octobre 2007
Courir ?
Pas terrible ce soir, je me suis arrêté à mi-chemin j’ai arrêté, brusquement au bord des larmes, avec la conviction qu’il fallait que je stoppe. Je cours seul, je suis seul alors pourquoi continuer. Je me suis senti con à courir ainsi, pour rien, pas pour moi, pour personne. Je n’ai plus de jus pour continuer. La tête n’a pas suivi. Une année de course à pied avec l’envie de changer physiquement. Les 20 kms de Paris m’ont beaucoup plu mais rien n’est plus dur que le retour, quand vous avez couru seul et qu’en rentrant vous vous retrouvez encore seul, toujours seul. Alors, je me dis que je reprendrai pour Elle. Je vais peut-être reprendre cette semaine mais cela me semble si usant, si inutile maintenant. J’ai couru pour Rose, pour celle que j’aimais, pour me sortir de mon refuge, l’appart’. Je ne peux plus avancer, à bout de force, usé.