Récit marathon de la Junfrau 2017 (2/4)

3 – INTERLAKEN
 
Vendredi 8 septembre – 7h30
Le petit déjeuner se fait en compagnie de mes deux nouveaux camarades thailandais. Nous parlons de course à pied, de voyages. C’est leur premier marathon en montagne et j’interroge l’un deux sur les conditions climatiques. Il me dit que la première journée est très bizarre en raison du manque d’humidité dans l’air. Ils s’hydratent et ils ont eu la gorge asséchée par l’air sec et frais à leur arrivée en Europe. Une journée aura été nécessaire pour qu’ils s’habituent à nos latitudes. Progressivement, la salle se remplit de coureurs de diverses nationalités mais la plupart sont européens (suisses, allemands) malgré un nombre assez conséquent de touristes asiatiques, coréens pour la plupart.
 
10h30 : mon dossard est récupéré auprès de l’organisation de la course et l’on nous gratifie d’un très beau sac à dos léger pour fêter le 25e anniversaire de la course. Des sourires, de la gentillesse et une ambiance comme je les aime. C’est toujours aussi fun de se trimbaler dans ce type d’endroit où l’on nous vend courses, produits, chaussettes, bref le lieux parfait dans le cas où l’on aurait omis d’apporter nos affaires…
 
De retour à l’hôtel, je prépare mon sac car je vais crapahuter, marcher une bonne partie de la journée pour me préparer physiquement. Boisson, pain, pâte, jumelles et appareil photo. Je vais en profiter pour faire quelques réglages avec ma montre GPS. Le départ se fait au pied de la station du funiculaire qui emmène le public à Harder Klum, point de vue surplombant la ville à 1322 m. Le chemin est raide dans les bois et chaque pas me permet d’estimer mon état de forme. Je croise des touristes hollandais accompagnés d’un guide et j’en profite pour échanger quelques mots.
 
Quelques arrêts aussi pour profiter du magnifique point de vue sur la vallée. Je pense au Reculet à ces montées longues et douloureuses où il fallait trouver son second souffle. La magie de la forêt de sapins, le silence, la lumière qui s’infiltre à travers les branchages, les belles prairies vertes qui ponctuent ma randonnée. Je suis bien, la paix, la sérénité. Zen. Je ne suis pas inquiet pour demain, j’y pense sans trop me poser de questions. On verra.
 
La montagne est là et l’on aperçoit au loin l’entrée de la vallée qui mène à Lauterbrunnen. La pause déjeuner est un instant d’échanges et de discussion concernant le marathon : un couple d’anglais de Brighton venus en famille participent demain à l’épreuve. Nous partageons la même interrogation : comment serons-nous demain ? C’est l’inconnu mais nous prenons cela avec une certaine décontraction. La météo annonce de la pluie et une baisse des températures pour demain. Le contraste est saisissant avec ce soleil se montre fort généreux et ce ciel bleu magnifique émaillé de quelques nuages.
 
Nous contemplons la montagne en silence et commençons à faire connaissance. Elle est généreuse, elle nous accueille les bras ouverts mais elle est sans pitié. 17h. Je ne tarde pas trop à rentrer. Il me faudra une heure et demie pour revenir en ville. Je choisis l’autre versant pour redescendre, principalement du chemin forestier et je veille à bien positionner mes pas afin d’éviter de me blesser car le parcours est glissant.
 
Arrivé à l’hôtel, je consacre ma soirée à la préparation de mon sac. Dossard, gels, kway, gants… Je pense à ne rien oublier et n’hésite pas à ajouter des vêtements en double vu les températures prévues. Je suis couché à 23h45.
À suivre…