Excursion nocturne entre Caen et St-Hilaire-du-Harcouët pour l’association Jeunes Solidarité Cancer le 16 et 17 mars 2005
Premier épisode
CAEN-AUNAY-SUR-ODON
Samedi 12 mars : Le départ
18h10 Après une petite séance de photo en présence du comité régional de la ligue contre le cancer et pour Ouest-France, nous partons de l’hôtel de ville de Caen, direction Gavrus par la D214. Olivier H nous rejoint à Aunay-sur-Odon avec la voiture pour le ravitaillement. Le rythme est bon puisque les deux coureurs (Jibé et Maxime) font du 12 km/h. Nous sommes surpris de constater que la circulation hors-agglomération est quasiment nulle.
19h30 Gavrus : Jibé s’arrête-là comme prévu. Content d’avoir fait ses 15 bornes. Ce ne sont pas les tripes qu’il a mangé le midi et le petit blanc qui l’ont terrassé, loin de là. Il a poussé un peu trop mais il est content d’avoir participé et d’avoir atteint son but. Sa tendre et chère arrive 5 mn plus tard avec Jules et Emile en admiration devant leur pére. On continue.
Ragny : Il fait désormais nuit. Maxime ne bronche pas, filant, imperturbable. Il me fait penser à l’acteur Robert Patrick dans Terminator 2. Une mécanique programmée pour un objectif… Je le précéde et tente de garder une distance régulière en écoutant ses pas. Je ne veux pas le gêner, je reste discret, lui demandant parfois s’il va bien. La lumière de mon vtt éclaire faiblement la route dont nous ne voyons ni les courbes et les reliefs. Nous traversons des villages fantômes, passons près des cours de fermes, surpris par l’aboiement d’un chien ou le meuglement d’une vache. Les odeurs s’invitent aussi : le fumier, la terre, la campagne quoi ! Pas un bruit, seulement les étoiles et le croissant de lune qui progressivement disparait sous l’horizon. Au loin, un halo lumineux nous indique la proximité d’Aunay-sur-Odon.
20h30 Appel d’Olivier qui vient à notre rencontre en voiture. Nous sommes encore à 6 kms de la premiére étape. 10 minutes plus tard, le voilà , diesel hurlant, pleins feux, content d’avoir retrouvé ses hommes. Je suis content aussi. L’aventure continue désormais avec le véhicule jusqu’à Aunay. Premières photos au flash parfois chaotiques et premières satisfactions. Tout se passe comme prévu.
21h00
Arrivée à Aunay-sur-Odon.
Deuxiéme épisode AUNAY-SUR-ODON > VIRE
21h00 Première étape bouclée et premier ravitaillement. Nous n’avons méme pas pris le temps de nous arrêter en cours de route pour boire et grignoter. Maxime avait quelques barres de cérçales dans sa veste, moi je le voyais bien. Faut pas l’déranger, le T1000 ! J’ai froid à mes petites épaules. J’ai pas eu l’occasion d’y aller à donf sur cette premiére étape malgré deux côtes longues et pénibles. J’enfile donc avec une certaine joie le polair qu’Olivier vient de m’apporter. Ca fait du bien. J’ai déposé le vélo sur le trottoir. Coffre de la 406 break ouvert, gilets réfléchissant, les automobilistes surpris ralentissent et s’interrogent sur ces gendarmes du troisième type. Peu habitués sans doute à ce déballage nocturne plus proche du pique-nique improvisé que du contrôle de papiers inopiné. Maxime a le visage rougit par l’effort et par le froid. La goutte au nez, il gobe une banane, quelques figues, une barre de cérçales et fini par une longue gorgée d’eau minérale. Olivier, bonnet vissé sur la tête, est satisfait et montre un large sourire face à ses troupes. Heureux car tout se passe pour le mieux. Pas de casse et une certaine satisfaction envers son super beauf’. Y’a du sang de coureur de fond dans la famille ! Ca me plait tout ça, c’est l’aventure avec un grand « H » (pour Olivier). « Ok les gars ? Vous avez fini ? Bon je ramasse ! » Hop, on met tout dans des sacs, on rentre le vtt dans le coffre, je prends les clefs et on repart ! C’est L’Olive qui conduit ! The 406 Break! Maxime et Olivier repartent, prét à affronter la nuit des oranges givrées ! Direction Vire.
21h17 C’est repartit, il s’engagent sur la D290. C’est une route de campagne comme on en fait chez nous, avec ses bouses, ses accotements défoncés par les tracteurs et ses cours de fermes ouvertes à tout vents (gare aux chiens!). Je roule au ralenti derrière eux, à peine à 10km/h. Après 20 minutes, je les lâche et les retrouve quelques kilomètres plus loin. Premier saut de puce. Je suis soucieux. Il fait froid, la lune a disparu et je pense toujours au crétin qui pourrait débouler brusquement d’un virage, pressé d’aller au night-club du coin. Malgré la carte, je suis perdu, m’interrogeant et refaisant sans cesse le trajet dans ma tête. Sans doute la fatigue, la perte de repères, l’obscurité, le froid. Première grosse céte digne d’un Super-gçant autrichien, ça monte violemment et les accotements sont recouverts de congéres. C’est dingue ce pays. Dans le retro de la grosse auto, je guette telle une mére poule ses petits poussins jaunes. Là, ils sont orange… Je suis hypnotisé par la lumière de la lampe frontale qui scintille et vibre sous les pas cadencés deux sportifs (elle me fait penser à l’étoile du berger qui serait descendue faire un petit tour sur terre). Eclairés par les feux clignotants, les gilets semblent s’animer, vivre et méme danser. Le rythme est régulier et je pense qu’ils doivent discuter en courant. Je me réveille, ils arrivent…
Une bonne gorgée d’eau, ils me quittent encore une fois et je reprend la route en direction de Ondefontaine. Après quelques centaines de métres, la pente augmente brusquement et je dois rétrograder pour ne pas caler. C’est une route de montagne! Putain de pays ! Vingt minutes que j’attends l’étoile. Je suis à l’entrée du parking de la salle des fétes de Ondefontaine. Y’a plein de voitures de stationnées mais personne dehors. Il fait vraiment froid ce soir. Les voilà mais ils ne prennent méme pas le temps de s’arrêter pour se désaltérer et grignoter. La machine semble étre lancée méme aprés ce relief assassin. Je m’arrête tous les 5 ou 6 kilomètres, attendant les gars. Je les croise parfois dans l’autre sens !!! Je suis « débouseulé » par ce froid, cette longue nuit, livré à moi-méme. Je perds aussi la notion de distance. Combien de kilomètres depuis la derniére étape ? Oé vais-je m’arrêter pour les attendre? France Info ne m’aide pas. Nantes a gagné contre Caen, c’est pas ce qui va me rassurer et me distraire. J’aime pas les soirées foot à la radio. Ah, une bonne biére par contre, au pub… bien sér!
22h35 Montchauvet – Les voilà . Arrét miam-miam, glou-glou. On repart. Sortie du bourg, un véhicule me précéde, pleins phares et semble s’élever dans le ciel comme par magie. Bon, c’est vrai, la magie, y’a toujours un truc… et le truc à cet instant, c’est une Céte de chez Céte avec à son sommet des congéres ! Merci le Virois !
Montchamps : Arrét en « plein bourg », au pied du monument aux morts. Je tente de dormir mais je guette leur approche. J’imagine le voisinage, derrière leurs volets, préts à appeler la gendarmerie. « Y’a un individu bizarre dans une 406 break… C’est louche… ». Les revoilà , toujours « frais ». Vire est à 15 km. On repart.
23h10 Après 10 kilomètres, arrêt et réunion de crise. Les organismes sont menés à rude épreuve. Le froid, le relief font que ça cogite fort dans la 406. Les portables reprennent du service. On ne peut faire la prochaine étape à deux sans véhicule. Trop fou ? Irrçalisable ? Oui, dans ces conditions, c’est vraiment risqué. Quel sera le relief aprés Vire ? Les quelques cétes rencontrées précédemment nous ont fait prendre conscience que continuer à deux était impossible (moi j’en sais rien, la voiture m’a tué). Olivier et Maxime négocient sec. L’ambiance est tendue. DIvers scénarios se présentent alors : 1 – On dépose Maxime dans un Formule un et on le reprend demain au retour de Fougéres 2 – Catherine ou bien « Canard » viennent chercher Maxime et les deux Olivier continuent en direction de St-Hilaire-du-Harcouét avec l’auto en assistance. Après de longues négociations, à la limite de la crise diplomatique, nous repartons en direction de Vire.
Maxime ou plutét T3000 est devant moi, il est impressionnant. J’ai repris le vtt et Olivier nous suit avec la 406. Une céte puis nous descendons sur Vire. J’ai froid aux jambes et je n’arrête pas de freiner. Maxime doit quand méme souffrir du froid. Il est en short ! Nous croisons quelques véhicules, nous sommes désormais sur la D55. Vire se présente sous son air de ville fantéme. L’éclairage de la zone industrielle tente en vain de donner une ambiance plus chaleureuse mais rien n’y fait. Le froid s’est décidément bien installé et l’envie de finir l’étape est notre seule préoccupation. Encore deux cétes à la mode Viroise et nous arrivons à 0h55 à destination, en plein centre-ville.
Vire > St-HIlaire-du-Harcouet
0:55 Enfin arrivés. C’est à mon avis l’étape la plus éprouvante que nous ayons eu à boucler. Le doute s’est invité un instant et associé à la fatigue, il a quelque peu plombé notre enthousiasme. Nous repartons nçanmoins motivés avec l’envie d’oublier tout cela. Ne plus perdre de temps. Nous avons débuté cette folle aventure depuis maintenant 7 heures et le temps presse.
La bonne humeur revient avec l’arrivée de Anne-Sophie (pour les intimes « Canard »), compagne de Maxime. Repos mérité pour le coureur fou. 60 kms en short, sans broncher. Etirements, nourriture puis il dédicace le livre d’or de l’association qui finira ce périple de 3500 km, sans effort, le 10 avril au Marathon de Paris. On remercie Anne-Sophie pour étre venue de Caen chercher son T1000. Bonne nuit et un grand merci !
Ca y’est. nous ne sommes plus que deux sur cette place et on doit y aller. Excité, je ne sais pas vraiment ce qui m’attends. Olivier range les affaires et reprend le volant. On y va. Je connaissais plus ou moins le trajet jusqu’au Locheur, lé c’est l’inconnu entre Vire et St-Hilaire. Une zone blanche, vierge de toute injure de ma part! J’entame donc ma partie de plaisir, direction Sourdeval par une superbe céte puis la D76. Olivier est déjé au carrefour de la départementale, éclaireur de ma nuit noire. Saut de puce. Bientét absorbé par l’obscurité, je me concentre sur mon souffle et sur cette lueur, ce halo éclairant partiellement la route, sur ce pointillé, unique ligne de conduite qui zigzague parfois sous les coups de pédalier irréguliers. Je douille ma race !!! « Souviens-toi de cette nuit d’hiver et tu feras moins le malin cet été !! » Je souffre et tente de garder un rythme que je ne trouve pas. 12 km/h pas plus. Je tente de m’imaginer le relief à venir en me refaisant dans la téte la route de Sourdeval-Vire. J’ai peine à croire que j’ai pris le trajet le moins tourmenté. Une voiture vient surprendre ces instants d’ivresse puis disparait aussitét. Profitant de ce violent coup de flash, je tente de me repérer sur cette route qui n’en fini plus. Ce n’est plus une route, c’est devenu une demi-piste cyclable. Tiens ? Olivier stationné à l’entrée d’un chemin, warning allumés : « ça va l’Olive ? » Je dis oui, j’ai à peine fait 5 kms.
1:17 Arrét à Gathémo : 12 kms de Vire. C’est dur mais je ne dis rien. Je pense à ce qu’Olivier doit fournir comme effort demain. Je ne dois pas me plaindre, je suis à vélo. Je gobe quelques barres de cérçales, une gorgée d’eau et je repars, motivé par mon orgueil de sportif du dimanche. Une belle descente et j’en profite pour rattraper mon retard. Plateau maxi, pignon mini, je me fais mal un court instant pour prendre de la vitesse. Le vent glacé gifle mon visage. Je ne vois plus trop bien. Ma lampe frontale ne fonctionne plus vraiment. Je dois pédaler en descente, le frottement de l’air sur mes jambes m’indispose. Je pense aux conseils de Patrice « Serrés les genoux, serrés dans la descente ! » et à celui de Vincent « Faut pédaler pour apporter de l’oxygéne aux muscles ! ». Ces remarques m’accompagnent et je file maintenant à vive allure. Je roule au milieu de la route, elle m’appartient et je freine pourtant pour éviter de chuter. Je jubile pourtant j’ai peur.
Courts instants de plaisir et c’est une céte qui s’invite deux kilomètres plus loin. Je ne vois pas le relief, je le ressens quand il se fait insistant. Mes cuisses me font mal, je ralentis, je zig-zague. Change de vitesse sans savoir. Quel plateau ? Quel pignon ?. Je ne vois quasiment plus le vélo. Je ressens les vibrations des pneus et la rugosité du revétement routier. Tout s’enchaéne rapidement pourtant je ralentis. Pied à terre. J’ai le bout des pieds gelés, je marche quelques métres pour les retrouver à nouveau jusqu’aux prochains arrêts.
Le Mesnil-Téve : Olivier est lé et nous repartons. Je le précéde et je me trompe deux fois de direction. Arrét 10 minutes plus tard : j’ai besoin de mes lunettes afin de mieux voir la route. Je lui dit d’avancer, on se rejoint plus loin. Galére de galére : une montée interminable, successions de virages et ce cétes jusqu’à Juvigny-le-tertre. Je mets pied à terre plusieurs fois. Je n’avance plus. J’ai honte, je dois continuer. « Allez p….., avance m…… ». Je pense aux raisons qui m’ont fait venir ici, aux kilomètres déjé faits. Je repars.
3:10 Pause à Juvigny-Le-Tertre, mon Everest à moi ! Je change les piles de la lampe du vélo. J’ai chaud, j’ai soif, j’ai froid, j’en ai marre mais j’aime ça. Arrétés à un carrefour, coffre ouvert, les gendarmes du troisiéme type sont de retour avec les ahuris qui vont avec ! Ca sent les sorties de boites et les raccourcis. Quelques minutes plus tard, direction St-Hilaire. Olivier part devant et me donne rendez-vous dans une bonne heure en plein centre-ville. Super content par la suite du programme, je repars motivé et heureux d’y arriver malgré ces contre-performances.
4:15 St-Hilaire-du-Harcouét. Je retrouve la D977 puis le centre-ville toujours endormi comme Olivier qui pique un mega-roupillon allongé sur les siéges avant de la voiture. « Toc, toc, toc », je frappe sur la vitre du passager, insiste une seconde fois (j’ai pas envie de dormir dehors !) et c’est le réveil. Ouf ! Il m’ouvre le coffre, je suis gelé. Je rentre avec le vtt à l’intérieur du véhicule et zou « au lit », juste le temps de me frayer un espace entre la roue avant et le pédalier et je « m’endors ». Crevé, frigorifié.
St-Hilaire-du-Harcouet > Rennes via
Dimanche 7:15 « L’Olive, debout, c’est l’heure, j’y vais ». A fond dans l’gaz. J’ai l’impression de m’étre endormis il y a dix minutes. Je sors du coffre, un peu endolori et St-Hilaire-du-Harcouet réve, recouverte d’un léger voile de gelé (!?!). Pas éme qui vive, juste quelques voitures passant, sorties de je ne sais où. On se donne rendez-vous pour 8h30 à Louvigné-du-Désert ? J’ai qu’une envie, celle d’aller me coucher, de profiter à moi tout seul du siége avant, dor-mir, faire dodo, co-ma-ter, fermer les yeux, juste une heure. Olivier reprend son périple, seul. Direction D172. Je culpabilise un instant et la raison du plus fort l’emporte. Il sait ce qu’il fait donc je n’ai qu’à espérer que tout se passe bien. Le réveil est programmé pour 8:15.
8:15 Ce fut court mais nçanmoins agrçable. Pouilleux que j’ai l’air. Ma combinaison fait office de pyjama. J’aime pas les pyjamas. Je pus mais c’est l’aventure. J’ose méme pas aller chercher un truc à manger à la boulangerie. Je change de place et zou je m’en vais au secours d’Olivier ! Oé est-il? A-t-il eu du mal à reprendre son périple? Il a peut-étre fait du stop ? Non, je crois que non !
Le soleil se montre généreux ce matin. La journée promet d’étre belle et c’est tant mieux. Heureux de reprendre le volant et de retrouver Olivier à 8:30. Arrivé à Louvigné, il m’attend pour prendre un p’tit truc chaud dans un café. Fini les barres de cérçales, les fruits secs, pas secs et les bouteilles d’eau : (place à un thé et à un bon chocolat chaud)x2. Notre pause « bien méritée » est ponctuée par de nombreuses questions posées par le pilier de bar du coin. Je sens qu’Olivier est pas trop partant pour répondre aux questions du type « Alors Caen a été bombardé durant la guerre ? » ou bien « C’est pas trop paumé Caen comme ville?, moi j’connais pas je suis passé une fois par le périph’… ». Nous quittons avec soulagement ce petit bar sympathique et laissons M. Goulot à ses verres de cognac et le patron du bar à M6…
Après s’étre préparé et un point carte rapide, nous repartons en direction de Fougéres par la D.172 Nous croisons les cyclistes du dimanche matin. Il fait trés beau et la journée est à nous. Objectif, arriver à 12h. Nouredine notre correspondant, ancien champion olympique de marathon nous y attend accompagné de Manu, pompier professionnel qui prendra le relai pour Rennes. Olivier tourne bien. J’ai l’impression qu’il court sous la canicule, sérement la luminosité et le soleil qui contrastent avec l’effort de la veille. Une sensation de lendemain de cuite. Un peu débousolé et fatigué. Les sauts de puce s’enchaénent et nous avons envie de boucler cette derniére étape rapidement. Arrét à la Bouxiére puis à Parigné et enfin Fougéres, précédé de sa forét grouillant de vététéistes et joggers de tout ége. Je ne connais pas le centre-ville et tente de me repérer pour ne pas ralentir Olivier. Après un léger doute et un appel d’urgence à Nouredine, nous parvenons à retrouver le point de rencontre situé prés de la mairie. Nous y sommes, 12:55, Fougéres, pile poil à l’heure.
11:59 Petite photo officielle afin de marquer cette arrivée et nous allons faire une petite pause casse-croute dans un bar, afin de faire les présentations, parler de la nuit passée et de préparer cette nouvelle étape jusqu’à Rennes. Olivier accompagnera Manu en VTTet je continuerai ma filature avec la grossotto !
13:15 Je laisse les deux fous furieux reprendre leur course. Nous nous sommes donnés rendez-vous à Thorigné-Fouillard, derniére étape avant Rennes. Manu, le marathonien, spécialiste es-effort jusqu’au bout, taillé comme un militaire, que ce soit par l’esprit ou par la carrure, est impressionnant. Petit gabarit mais mollets en béton. Pas trés locace, il semble économiser ses mots pour les 52 kilomètres à venir ! Il a parcouru 900 km entre le 14 juillet et le 15 août pour une association, en reliant la côte atlantique à la mer Méditerannée. Méga-baléze, non ? Je quitte donc les gars dans un nuage « made in diesel » et poursuit ma descente sur « Roazon » (Rennes en breton) par la D72.
13:40 Après 20 kilomètres, je fais un arrêt à St-Aubin-du-Cormier. Un break avec la 406 break (logique!) pour souffler, nettoyer le véhicule de ses nombreux cadavres de bouteilles… d’eau minérale et pour piquer une ronflette ! En-fin. J’ai disposé la voiture de telle sorte que je puisse observer la route afin de guetter leur passage. Mais la fatigue a le dernier mot. Je me réveille à 14h40. Encore dans l’gaz et j’ai super chaud. Après avoir changé de fringues et re-vérifié l’heure… je décide de reprendre la route. Je retrouve mes deux gaillards discuttant à quelques kilomètres de Gosné. Ils n’ont pas trainé ! Il est 14h47 et notre prochaine étape est prévue pour 17h00. Rapide ravitaillement, photos, sourires. Nous discuttons quelques instants mais pas de temps à perdre. Saut de puce.
15:00 L’arrivée est proche, encore une étape et Rennes. La forét de Liffré est super belle ce dimanche et tellement vaste que je m’y perds.16:58 : P’tit coup de téléphone à Olivier pour savoir où ils en sont et pour lui indiquer que je ne serais pas en retard.
17:00 J’arrive de justesse à Thorigné-Fouillard où nous attendent Cécile, trésoriére de JSC et son frère David, prêt à accompagner les coureurs pour les 8 derniers kilomètres. Le temps est nuageux et les minutes sont désormais comptées. Nous repartons. La route jusqu’à Rennes est une interminable ligne droite. J’aime pas les lignes droites en agglomération. ça circule, ça freine, ça feux rouge et ça repart. Beaucoup de circulation cette fin de semaine, ils rentrent chez eux, je pense à Caen et j’ai envie de prendre une bonne douche. « Allez les gars, courage, vous y étes presque. »
17:45 Olivier, Manu et David sont à l’entrée de Rennes suivis par un véhicule de pompiers, sécurité oblige ! Olivier échange le VTT contre quelques derniers kilomètres à pied, à forte valeur symbolique. Finir à Fougères et repartir pour Caen, pas question ! Nous souhaitions finir cette journée comme nous l’avions commencé, par le sport (enfin pour moi c’est différent) et surtout pour l’association JSC.
18:00 Après avoir eu un mal de chien à me garer, j’arrive place de la mairie. Ils sont là… Beuh, je les ai loupés! Petit comité d’accueil constitué des collègues pompiers de Manu venus féliciter leur champion. Olivier est super content et satisfait de l’opération qui est un succès. Pas de bobos, de la fatigue certes mais une certaine fierté d’avoir accomplit ce défi sportif au nom de l’association.
« JE » est venu tout spécialement d’Angers. Malade depuis quelques mois, il a tenu à venir assiter à l’arrivée des coureurs. Admirable geste de sa part. Il repart quelques minutes plus tard, accompagné de ses deux enfants. Nous nous retrouvons tous ensemble autour d’un verre dans une brasserie. Cécile nous parle de son action au sein de l’association. Nous l’écoutons avec beaucoup d’attention car le discours est extrêment bien rodé efficace et intéressant. Elle nous fait part de la place des grands adolescents et des jeunes adultes malades qui ont une place particulière et inconfortable dans le système de soins car il est plus adapté aux adultes. Ces aménagements passent par un soutien psychologique adapté, par une amélioration de l’environnement dans lequels sont promulgués les soins (chambres personnalisées).
18:30 C’est l’heure du départ. Bises et serrage de mains viennent conclure cette formidable journée qui n’est qu’une étape car demain, de nouveaux coureurs prendront le relais pour Nantes puis d’autres villes jusqu’à Paris. Nous repartons sur Caen, satisfaits de ce périple et crevés de cette nuit agitée.