3/3 Marathon de Marrakech- Janvier 2017
Retour à Paris – Dimanche 5 février 2017 Du sable désormais circule dans mes veines… Le retour s’est fait en douceur comme pour ne pas effleurer les souvenirs et les sensations encore omniprésentes. Le contraste fut très violent après une semaine d’immersion au Maroc : ici tout est rangé, trop calme, trop structuré. Ce matin, la fraîcheur et la pluie m’ont purifié comme pour me rappeler ô combien Marrakech était belle, furieuse et indomptable. Intérieurement, quelque chose à changé. Je ne suis plus le même. J’ai encore en moi cette frénésie touristique et économique, le contraste du caractère suffoquant de la ville dans la journée et des matins de fraîcheur à arpenter très tôt les rues encore désertes de la Médina. Le silence des jardins secrets du Palais de la Bahia, des riad protégés par de hauts murs et accessibles par de lourdes portes en bois, la blancheur immaculée des tombes du cimetière juif de Miaraa, le contraste du bleu de Klein et de la végétation exultante du Jardin Majorelle… Le labyrinthe bienveillant de la kasbah et ses multiples cul-de-sac…
Marrakech m’a fasciné par cette même immersion ressentie à Istanbul : apprendre à s’oublier parmi tant d’autres, parmi tant d’existences, écouter et vivre au rythme des battements de la cité. Casablanca la blanche m’a parut plus sensée, apaisée par la fraîcheur et l’influence de l’océan. Visite d’un palais, de la Grande Mosquée, l’architecture, l’artisanat et l’omniprésence d’une expression artistique valorisée par la religion à travers la calligraphie, les zelliges, la sculpture, la gravure. J’adhère alors totalement à cette expression artistique d’une foi raisonnée et quasi-millénaire… plutôt qu’à celle d’une vulgaire caricature pondue par un esprit étriqué. Je me sens encore imprégné, marqué au plus profond de mon âme par le silence intemporel du désert (et sa magnifique voûte céleste) qui vous dénude, vous draine intérieurement, purifiant, méditant et apaisant. Revenir à l’origine, à cette vérité, à soi, à l’essence même de cette Humanité qui nous a vu naître un jour. Nous, êtres d’eau et de sel face à cette minéralité ancestrale… nous n’existons plus.
Ce voyage au Maroc restera inoubliable et déjà cette culture me rappelle comme un lointain écho, entre azurs et ciels étoilés : je reviendrai te côtoyer pour un peu plus m’abandonner. “Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace. » Alexandra David-Néel