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16 avril 2012 – Marathon Rotterdam

De retour après 4 jours passés en Hollande et une bonne surprise en consultant les résultats ce soir.

 
Nom O C
Ville Caen
Distance ABN AMRO Marathon Rotterdam
Catégorie M40
Class. général 1086 / 7530
Class. catég. 229 / 1273
Vitesse 12,973 Km/h
Temps global 3:19:04
Temps net 3:15:09
Net split times (difference)
5 Kilomètres 24:18 (24:18)
10 Kilomètres
15 Kilomètres 1:10:25
20 Kilomètres 1:32:29 (22:04)
Semi-marathon 1:37:28
25 Kilomètres 1:54:53 (22:24)
30 Kilomètres 2:17:16 (22:23)
35 Kilomètres 2:40:41 (23:25)
40 Kilomètres 3:04:56 (24:15)

 

Arrivé deux jours auparavant et ayant passé une nuit un peu agité, me revoilà en tenue, sac sur le dos en sortant de l’hôtel à mater le ciel avec l’espoir qu’il ne nous lâchera pas une de ces averses généreuses et tant appréciées de tous lors d’une épreuve. La veille, la journée avait été belle, venteuse mais agréable et nous faisant oublier ce vendredi rythmé par quelques bourrasques de vent, grèle et pluie fine très désagréable quand on a pas de parapluie. Le vent du nord est toujours là et bonne surprise, le ciel semble pour une fois en accord pour nous attribuer une pause pour cette longue épreuve. Je suis confiant malgré tout, je suis inscrit et ce n’est pas une mauvaise météo qui va me faire renoncer à cet engagement pris en décembre dernier.
Je me dirige vers Rotterdam Centraal en remontant la ligne de tramway afin de me mettre en tenue et d’y déposer mes affaires de rechange. Je croise les premiers coureurs : s’échauffe de tous coins. Certains débouchent dont on ne sait d’où et disparaissent dans une grande artère ou une ruelle. Hier, c’était les cyclistes, aujourd’hui, ce sont les coureurs auquel il faut faire attention.

Au fur et à mesure que je me rapproche du point de rendez-vous, l’architecture, d’une verticalité et d’une modernité saisissante, devient de plus en plus imposante. Nous devenons alors des fourmis convergeant vers notre fourmilière d’un jour. Arrivé au vestiaire, je me change, je laisse mes affaires à la locker room puis me dirige vers l’hôtel de ville, légèrement stressé et en même temps soulagé d’y être… enfin. Le public est là, accompagnant, partageant ces instants d’excitation. On vient en famille embrasser le condamné-volontaire d’un jour purger sa peine, des couples s’enlacent, se serrent, tentant de conserver quelques instants de chaleur sûrement bien agréable. On se cherche, on se perd, on se noie dans ces regards, dans ces visages, je suis seul dans cette marée humaine, tentant de trouver ma zone de départ. Le vrombissement des pales de l’hélico survolant cette masse colorée et légèrement frigorifiée ajoute une dose d’excitation et de stress. « Could you tell me where is the D gate ? » « Just near the camera ». Wah, je ne vois rien, à 6 mn du départ, je décide de faire comme d’autres, je passe au-dessus des barrières mais j’y laisse un bout de fesse sur l’extrémité de la grille. Rien de grave !
Mon débardeur en plastique vert me protège du frais. Je ne sais qu’en faire après le départ et décide de la garder, retourné tel un t-shirt sur les épaules durant toute l’épreuve. j’attends, regardant visages, expressions, shorts, molets, chaussures. On piétine d’impatience et on se réchauffe. Quelques sourires, « Have a good race », « Thank you ». Tête baissé, je tente d’hypnotiser le bitume… j’attends le signal de départ, je souffle, no stress,zen, j’y suis.

Coup de canon mais rien ne bouge. 4 minutes plus tard, nous marchons puis le pas se fait plus rapide pour enfin devenir foulée encore timide vu le nombre de coureurs au départ. Ma montre Garmin est garm’out : plus de batterie pour le gps… ce sera donc sans elle pour l’instant. Course en negative split (physque puis mentale). Je passe la ligne de départ… en route pour 4 heures maxi. Je file, ma foulée devient plus régulière. Le public exhulte. Quels instants magiques, une nouvelle épreuve avec nous-même. Wah !
On se dirige vers le sud, sur notre gauche, le second peloton de coureurs situé de l’autre côté de la ligne de tramway… Incroyable d’être aussi nombreux à cet instant. J’ose imaginer les vibrations d’une telle marée humaine martelant le macadam d’un pas prononcé et régulier. Rotterdam, ton coeur bat au rythme de nos foulées. C’est saisissant.
L’Erasmus bridge nous accueille 5 minutes plus tard par sa voilure cablée et nous fait traverser la Nouvelle Meuse, fascinés par cette architecture imposante que nous retrouverons 25 kilomètres plus tard… sur le trajet de retour !

De mon côté, ça va. Je double et tente de me faire un chemin parmi mes camarades de course, signal à gauche de la main, à droite, en bas pour les obstacles, on communique par geste, les yeux balayant le macadam, concentrés pour ne pas tomber.
Le peloton se rejoint quelques kilomètres plus tard et il faut éviter l’engorgement, la bousculade. Sortir du tracé, sur la pelouse, le trottoir, la voie de tramway et une première chute… J’ai mal pour le pauvre gars mais il faut avancer.
J’ai l’impression de courir à contre-courant, c’est épuisant d’anticiper la réaction du coureur qui vous précède. Ne pas relâcher son attention. Je vais bien, apaisé et détendu. Je loupe à l’instant mon premier ravitaillement dans une courbe… Bon, y’en a d’autres…
Nous sommes maintenant en banlieue sur une artère dégagée : tout le monde semble aller bien, concentrés et motivés. Le public est omniprésent et on fini par l’oublier malgré tout. Les jambes prennent leur pied !)

10 km : Ma montre Garmin a décidé de faire la grasse mat’. Pas de signal gps, batteries faibles, j’éteins le bordel, on oublie. Je trace, je double, je crawle, je mors le bitume à pleines dents.
15 km en 1h 14. Le temps semble être correct mais je m’en fous, je ne pense à rien qu’à courir. Les ravitaillements s’enchaînent et sont difficiles à gérer : boire en courant, quelle connerie !! Autant faire du trico en roller… Je trouve néanmoins le moyen de m’hydrater sans en perdre une goutte. La boisson isotonique est capitale : il n’y a pas de bananes, ni de nourriture. Un duo voyant-non-voyant : « have a good race, we are proud of your courage ». Impressionnant.

20 km et presque à la moitiée du parcours. Pas de sentiments de fatique, je ne pense à rien. Que se passe-t-il à cet instant ? Où sont mes doutes, mes pensées qui m’accompagnaient à Lausanne au même instant ? 21 km en 1h42 en passant devant l’affichage. Je suis dans les temps. C’est long, un peu trop long et j’ai hâte de repasser le pont pour rentrer. Quelques faux plats pour quitter le quartier résidentiel puis le centre de la localité et retour sur une grande artère. Le 25e km apparaît au loin. C’est un peu dur à cet instant. Il y a moins de monde autour de soi et la solitude fait son apparition. On s’accroche à un short, à une silouette si possible fémine (ben ouias). Je me relance, ça va. Il ne faut pas ralentir le rythme : j’ai fait une légère halte à un ravitaillement.. erreur qui aurait pu me faire très mal. On oublie la pause kit-kat… pas maintenant.

25e kilomètre : le ravitaillement express et faut encore avaler du bitume. Le pont et la montée en rythme avec du RUN DMC. ça me motive. Je pense à Zivile, mon démon dans ces instants douloureux. Elle me remonte le moral, me stimule malgré tout…
Arrivé sur la rive droite, de retour sur Rotterdam, la grande artère, le public toujours aussi nombreux, du soleil, il fait frais et le sentiment de se trouver à New York durant un instant, écrasé par les tours. Virage à gauche puis épingle et l’on passe sous le pont pour se diriger vers les 30 derniers km. C’est long et dire que l’on refait le trajet dans l’autre sens dans une heure environ.

30 km : 2h 23 que je cours. Je suis dans les temps mais c’est dur. Nous faisons un grand tour autour d’un parc. Cela me parait interminable. Je m’accroche à une coureuse, je vais la rattraper. Quelques personnes sont présentes sur cette longue portion : un couple… une fanfare colorée… un homme seul et son vélo sur lequel une radio diffuse de la musique… Des enfants, des gens font office de ravitaillement et vous proposent des parts de gâteaux faits maison, quartiers d’orange pour vous remonter le moral… ça me touche… j’ai mal de ne pouvoir m’arrêter… c’est émouvant… Je n’avais jamais vu ça, encore à l’instant à l’écriture de ces lignes, ça me bouleverse. On est d’une fragilité (du corps) et d’une dureté (de l’esprit) qui est à toute épreuve mais ces gestes d’humanité durant ces quelques centaines de mètres… ça vous marque. Respect.

40 km : j’y suis arrivé.. enfin presque mais c’est éprouvant. Je croise un coureur dont la jambe droite est une prothèse en carbone, je l’encourage avec quelques mots d’anglais. C’est fort. Je tente de me relancer mais les jambes n’avancent pas plus vite. Je dois déjà être au maximum et j’ai le sentiment de ne pas avancer. La douleur me fait oublier que mon effort est constant depuis plus de 3h. Il n’y a plus que le mental pour tout faire tenir. J’accroche un short, je ne regarde presque plus devant moi, la foulée du coureur me précédant est ma ligne de vie à cet instant. Ne rien lâcher.

42 km : on est ou pas. Oui, le virage libérateur et l’arrivée au loin.. à 200 mètres. On y est. Je relance et ça va avance !!! Le public est là, partout, l’envie de serrer cette foule généreuse dans ses bras… un petit geste d’amour et de reconnaissance pour les Rotterdamois de coeur venus nous encourager.

Je me redresse, étire le dos, me prépare pour le sprint et j’allonge la foulée. ça vient. Deux côtés, on vous applaudit, cri, vous appelle par votre prénom, vous encourage comme pour vous extirper vos ultimes réserves d’énergie. J’ai envie de pleurer car après 3h15 de course seul… tant de bonheur et d’encouragement en si peu de temps… ça vous submerge d’émotion, ça vous baffe en pleine tronche. Je ne sais plus comment réagir… Je pense alors à pousser encore plus et je ris de me surprendre à trouver encore autant d’énergie et d’envie de courir aussi vite. Je m’approche de la ligne, je ne connais pas mon temps, je lève les yeux sur le compteur… 3h19… Je rêve, c’est pas possible, j’ai tenu mon pari, finir ce nouveau marathon tout en améliorant mon temps sans me blesser.

La ligne passée, l’arrêt est brutal. La course est derrière soi. J’ai besoin de serrer quelqu’un dans mes bras. Un coureur à droite. « Thank you very much ». ça fait du bien, ça libère, c’est réconfortant.
Médaille autour du cou, « emballage du coureur dans un plastique blanc » pour ne pas attraper froid et la solitude revient brusquement faire son show. Tristesse mêlée de joie, c’est dur. Nous sommes livrés à nous-même. Pas de massages avant de retourner aux vestiaires, juste des bananes, boissons chaudes (thé)… et quelques brancards emmène des coureurs en hypothermie ou victimes de crampes. La course est derrière moi, les hauts parleurs continuent de brailler leurs musiques et les commentaires. C’est la fin.
Le vent est toujours là, il faut aller se changer. Je passe les barrières de sécurité et le public de l’autre côté ne m’attends pas, non. C’est beaux tout ce monde. Je retrouve ces regards d’avant le départ mais avec une dose d’inquiétude et d’espoir de voir apparaître la silhouette titubante ou courbaturée d’un familier.

Je rentre fatigué chercher mon sac. Le long trajet vers le vestiaire devient alors une autre épreuve : passer la plus petite bosse, le moindre trottoir ou encore presser le pas vous fait rappeler durement que le physique souffre énormément. Je grimace… certains sourient, d’autres comprennent mais ne savent pas comment aborder le problème. Sac récupéré, arrivé à la tente, ça sent la pommade anti-inflammatoire, il fait chaud, c’est bon ça. Tout le monde se change, culs nus, on s’en fout. Vient alors la longue et périlleuse épreuve du lever la jambe pour enfiler mon pantalon de course. Douleurs, mes molets me détestent !!!
Coup de téléphone, sms pour rassurer mon entourage. Je vais bien mais il faut rentrer à pied pour prendre le tramway et finir par une douche et une bonne heure de repos. J’y suis arrivé, ça c’est fait !).

Feed-back J+5
On peut se poser la question de savoir pourquoi tant de mal pour si peu en retour. La persévérance et l’envie constant d’avancer, de pousser, d’aller au fond des choses, sans faire de compromis ou de suppositions. Croire en soi, affirmer ses convictions malgré la tendance molle du moment, la facilité. On existe, on réalise, on valorise tout en restant humble et ouvert. La vie est ainsi : le trajet peut paraitre long, tortueux et difficile mais le résultat en vaut toujours la peine malgré la souffrance et la difficulté. Garder l’objectif initial en tête et y croire malgré tout. Physiquement, cette épreuve est épuisante mais elle vous raffermis et vous renforce dans vos convictions. Rien ne vaut d’être vécu s’il ne faut pas se battre pour exister. « Shape your body, shape your mind ».

Marathon de Rotterdam

 


J’ai reçu ma confirmation d’inscription pour Rotterdam, sur la route pour cette nouvelle épreuve, un an jour pour jour après mon premier marathon à Nantes. Confiant et cependant toujours soucieux car l’entraînement est souvent difficile et l’épreuve, en elle-même, reste la confirmation ou non d’une bonne préparation physique. La configuration de la course est importante : ne pas se surestimer, tout se fait sur la longueur, ne pas se précipiter et gérer sa course. La motivation est importante : ne rien lâcher, toujours se battre et croire en soi.

301011 Marathon Lausanne

Distance: 42,49 km – Temps: 3:28:04
Allure moy.: 4:52 min/km – FC moy.: 153 bpm – FC max.: 174 bpm

Marathon de Lausanne, en quelques lignes…

Arrivé la veille par le train, un peu fatigué par le voyage, un peu tendu et après une nuit agitée, me voilà avec mon sac sur le bord du lac Léman que  j’adore. La tête ailleurs, à me demander ce que je fais ici, j’observe avec admiration le soleil étendu sur un voile nuageux, les montagnes baignées par cette lumière incroyable et cette étendue d’eau devant moi, apaisante et merveilleuse. Je tente de retrouver mes esprits, un peu triste d’être ici seul, à vagabonder parmi les coureurs. J’y suis certes mais quelle étrange sensation, celle d’un rendez-vous avec un millier de personnes que vous ne connaissez pas et qui vont vous accompagner, partager cet instant durant de longues heures. On se sent seul mais nous ne sommes jamais vraiment seuls.
Mes amis, ceux auxquels je pense tous les jours, les proches, les petits mails et sms envoyés la veille… tous m’accompagnent à cet instant et m’encouragent. Comme je le dis, le seul sponsor que j’accepte en course à pied, c’est le sponsor du cœur, que l’on ne peut acheter, qui nous est propre. Genève dort encore… mais Lausanne vibre alors.

Départ à 10h14, bloc 2, temps estimé : 4h. J’ai choisi cette intervalle car vu la configuration du tracé, je ne prends pas de risques. Je ne sais pas ce qu’il va se passer. Je suis confiant mais les aller-retour… je ne suis pas trop fan. En forme et je n’arrive toujours pas à m’imaginer que j’y suis… dans le troupeau. Mon point noir est la barre des 30 km que je m’étais mangée en pleine face à Nantes en avril (4h). ça fait mal et j’ai pas envie de remettre cela. La stratégie est plus ou moins actée, reste à l’appliquer.

Départ rapide, une succession de faux-plats, montées et une première descente qui nous fait quitter le centre-ville sur une allure d’au moins 12/13 km/h. Je mets le régulateur de vitesse sur une pulsation de 150 bpm avec une vitesse d’environ 11,4-11,5 km/h. Ca va, de bonnes sensations. Le plaisir de courir en famille, bien dans ma tête. Le soleil est encore sous la couette mais il est réveillé : température correcte et on continue à avancer. Faux plat, Lausannois qui nous encouragent au passage, police fluo, motos presse, vélos… photographes : le cortège de sportifs avance sans difficultés. On a à peine fait 3 km…

Premiers vignobles et premiers souvenirs qui me reviennent à l’esprit, lors de mon passage l’an dernier à Lausanne et ces premiers coups d’oeil sur la droite, le lac, les vignobles, le lac, les vignobles à gauche, re-lac et oh, la route !! Oui, j’y suis bien. Je sens la fraîcheur du lac sur ma droite et la pente vinicole sur la gauche. C’est beau ! Le vin à gauche, l’eau à droite…

KM 5 : Traversée de Lutry avec un bon premier ravitaillement : eau, boisson isotonique, gels, fruits ??? De l’eau pour l’instant. J’ai deux barres et des cachets iso dans le short. On continue. Sortie de Cully et hop, on est sur la grande route !

KM 12 : Vue dégagée des deux côtés et droit devant le bitume. On domine le lac, c’est toujours aussi beau. Ca fait oublier quelques instants la course et le fait que nous sommes qu’au tout début. C’est super beau, on se croirait en Norvège avec ces montagnes au loin dans la brume et ce lac… Je m’égare. Petite remarque : l’inclinaison de la route sur certaines courbes est fatiguante pour les appuis. Je zigzague, passant d’un côté droit au centre et fini parfois à courir sur la ligne médiane. Je tente de trouver le meilleur équilibre, un soupçon d’horizontalité pour être stable et ne pas compenser de trop. L’asphalte aussi change parfois et les gros gravillons se font sentir. ça va. Je ne regarde pas trop le chrono. Je suis dans la moyenne mais j’ai tendance à laisser aller ma foulée. Je ne veux pas trop me freiner mais tant que je n’ai pas fait le choix, je ne tente rien. J’observe, je ressens. Physiquement, ça va. Le souffle, rien à dire et les sinus… j’ai jamais autant aimé mes sinus !! Love 😀

KM 17 : Rythme normal. Je suis à 11,5 km/h (152 bpm) et parfois ça monte, ça descends, comme le relief. On arrive bientôt à Vevey et les premiers coureurs du marathon nous croisent : 1h27 environ… Applaudissements et encouragements !! Impressionnant !

Arrivée à Vevey, on y est, on pousse. Le public et l’effet entonnoir » en ville me stimule. Ravitaillement, on charge en provisions pour le retour et on croise les meneurs du 3h de l’autre côté de la ligne médiane… Petites courbes rapides, on longe le lac, montées, on dépasse les 21 (1h47′) puis le virage en épingle qui nous dit « on remet ça ? » Ben oui, on y va… hélas !!

Un sentiment de déjà vu sur le retour… mais l’avantage, c’est que l’on sait où se trouvent les ravitaillements ! On y va. Le but, rattrapper les meneurs du 3h45… les dépasser (ce qui est fait en centre-ville) et maintenant je relance. Je tente d’oublier que j’ai les 3h45 derrière moi et que je ne dois pas flancher. J’ai plutôt le sentiment de fuite… cours après moi… mais je ne sais pas si je vais tenir. L’objectif : prendre de l’élan pour sauter le mur des 30 km.

KM 25 : le rythme cardiaque s’accélère et je trace. On y croit mais… Je suis en dessous des 5 mn/km et tourne autour de 160 bpm. Le souffle nickel, je ne ressens aucune gène. J’espère tenir jusqu’à l’arrivée.

KM 30 : environ 164 bpm, 4′ 20″ au km. Il est 13h20. Il me reste 12 km, en une heure ? Oui, dans les conditions normales… mais je ne lâche rien. Je trace, je double, j’avance et y’a comme un sentiment d’aspiration. J’ai envie d’en finir, le plus dur reste à faire et c’est encore l’inconnu.
Est-ce que mes guiboles vont tenir ? J’ingurgite du gel et prends le temps de boire au ravitaillements sans trop m’arrêter. Je relance dès que possible. J’ai un peu la rage. Je cours un peu vite, cela m’effraie parfois avec des pics à 13 / 14 km/h mais ça c’est pas une moyenne, c’est le GPS !! Et la respiration est normale, pas de gène.
On passe les derniers villages…

KM 40 : Pully. Encore 2 km mais c’est les plus longs… J’entends « au deuxième feu, à gauche… l’arrivée ». Là-haut !! Encore un faux plat et j’ai molets gauche et droits qui veulent se barrer !! Je pense à mes blancs de poulets. Plusieurs fois, ils ont envie comme s’ils avaient envie d’aller pisser !! Je leur dit « Non, les gars, pas maintenant, svp, faut tenir ». Un peu les ch’tons.
Je passe le deuxième feu, tourne effectivement à gauche… une descente… hop pardon, j’ai failli bousculer un coureur. Je vois la ligne d’arrivée mais j’ai l’impression de voir plutôt un mirage !!
C’est dingue comme ils ont toujours tendance à mettre la ligne d’arrivée aussi loin. On a toujours l’impressions que la nuit précédente, ils se sont amusés à tout pousser au fond de l’avenue, histoire de nous enquiquiner un peu 😀 C’est long, les molets… ça négocie entre aller vite et se flinguer les jambes juste avant l’arrivée ou partir et on gère en même temps. Choix numéro 2 et on y va. Le public nous encourage, c’est terrible comme c’est franchement appréciable. T’aurais envie d’embrasser tout le monde tellement ça te fait du bien, du bonheur !
Je double une jolie jeune femme… ouais je sais mais on m’a déjà fait le coup une fois et j’étais resté derrière à un semi-marathon…
Courtoisie une fois mais pas toujours… (Quel gros con à cet instant je fais). Et hop, la ligne d’arrivée (3h 28′), la joie d’avoir tenu et d’avoir rectifié le tir. Essoufflé et limite je craque. Le souffle est rapide, y’a personne pour m’accueillir, simplement ma satisfaction d’avoir fait un truc bien, d’avoir poussé un peu plus loin. J’ai envie de chialer, de me vider émotionnellement, quelques larmes mais la raison reprend le dessus, aller bien. Je blague avec le ravitaillement à l’arrivée : « Où est mon numéro de dossard sur les bananes mises à disposition ? ». Dur de partager ces moments seul mais ça va. J’ai rempli mon contrat, tout ce chemin pour ça. ça me plait. On va continuer sur la même foulée.

Je vais me faire masser. Pour une fois, avec ce corps d’athlète !! Rires. Et là, suurrrrrprise… les molets contre-attaquent !! Crampe jambe gauche. Effectivement, mes molets ont envie de se barrer. Ils battent un max la chamade. Douloureux et ça remue. Je plaisante en proposant une échographie pour déterminer le sexe de l’enfant… ça bouge dans tous les sens comme si le coeur était descendu dans les molets. Impressionnant. Après 15 minutes de douceurs, conseils pour les prochains jours et semaines à venir. Je retourne chercher mon sac pour me changer et rentrer tout doux une heure et demi après à l’auberge de jeunesse.

Le soir, douche pas trop chaude, hydratation et une bonne entrecôte-frites + salade pour reprendre des forces. ça va. Demain, réveil à 6h pour le trajet de retour…

170411 Marathon de Nantes

Distance: 42,32 km – Temps: 3:48:00 – Allure moy.: 5:23 min/km
FC moy.: 149 bpm – FC max.: 167 bpm

C’est fait, j’ai bouclé mon premier marathon en 3h56′. Cela s’est à peu près bien passé jusqu’au 30e kilomètre où les premières douleurs se sont fait plus présentes en raison d’une série de faux plats et cotes en arrivant sur Ste-Luce. Jusqu’à présent, la course avait bien débutée avec une allure de 11,5-12 km/h. Ravitaillements pris à la cool en m’arrêtant pour bien m’hydrater et manger quelques trucs. Au semi, j’étais à 1h45. Physiquement bien, sensations agréables et pas de soucis pour la respiration. Quelques petites alertes vers le 25e et après, descente de l’allure pour finir vers du 7-8 km/h avec parfois quelques reprises mais les douleurs aux cuisses, qui se sont poursuivies jusqu’à l’arrivée. J’ai quand même fait un sprint à fond sur les 100 derniers mètres, nickel… comprends pas > aucune douleur pour la relance…

Pour ce qui est du temps, nous avons eu beau soleil toute la matinée (départ à 9h et arrivée à 13h). Très bonne organisation avec départs échelonnés pour le marathon toutes les 5 minutes. Pas de bananes au ravitaillements et une très bonne ambiance avec, notamment, le prénom inscrit sur les dossards, ce qui permettait au public nombreux le long du parcours de nous encourager. C’était très agréable. Retour sur Soudan et lundi assez difficile pour ce qui est des déplacements… On aurait dit un petit vieux. Je vois ce que cela va donner d’ici 30 ans…