1 – PARIS-BERNE
Le choix d’une marathon n’est jamais très simple quand on s’oblige à en courir un seul par pays… Quand on élimine ceux qui sont trop fantaisistes, ceux dont les inscriptions sont ensuite tirées au sort, les trop boulimiques, les anecdotiques et les casse-pattes… il ne reste pas grand chose. (Le marathon de Tours avec mes cousins mis fin à cette règle “idiote” que je m’étais imposé).
Mon budget à chaque fois est ajusté et j’évite de trop rogner sur l’hébergement et la nourriture. Je reste toujours aussi fan de lieux où la culture a une place importante. Mon meilleur marathon fut sans aucun doute Berlin puis viennent ensuite Athènes et… Lausanne. N’étant plus tenu par mon « serment », je me retrouvais donc pour la seconde fois à participer à une course en Suisse.
Lausanne avait été une très belle aventure et mon premier marathon hors de France. Je garde un très bon souvenir de cette course, la fraicheur et la sérénité du lac, la magie du paysage, de ces vignes accrochées au flanc de la montagne. Cela reste encore aujourd’hui une émotion forte et inoubliable.
C’est une image qui retint mon attention et m’incita à m’intéresser à la Junfrau. C’est celle d’une lignée de coureurs marchant les uns derrière les autres, silhouette courbée et en arrière-plan l’imposante montagne et ses quelques amas de neige. Je me suis imaginé des situations où le froid venait nous saisir violemment, le manque d’oxygène, des douleurs atroces aux jambes, la possibilité qu’il neige voire qu’un blizzard atroce vienne sélectionner les plus faibles d’entre-nous. Du délire, des rires mais pas une inquiétude viscérale, non, ce ne sont que 42 kilomètres…
L’inscription se fait rapidement. Encore stimulé par mon voyage au Maroc, j’étais à la recherche de nouvelles sensations. Restait à trouver l’hébergement et le moyen de transport. Le train et l’avion (hors de prix), je me suis tourné vers le bus. Loin de traverser un continent de long en large, le trajet allait durer 14h (via l’Allemagne) jusqu’en Suisse pour la modique somme de 40 euro l’aller. Banco ! Je passerai donc très rapidement ce chapitre peu intéressant du trajet en bus pour simplement commencer mon récit à partir de Berne.
L’organisation du marathon nous offrait le trajet en Suisse, ce qui allégeait un peu la facture du voyage (merci pour cette contribution non négligeable).
2 – BERNE-INTERLAKEN
Jeudi 7 septembre – 17h20
Arrivée à Berne, je me sens bien. Deux années d’absence et le plaisir de retrouver quelques endroits familiers. La gare souterraine draine son flot d’usagers stressés, d’adolescents connectés et je me retrouve tout seul en arythmie sensorielle dans cette hystérie collective. Une pause Migros pour chercher une bouteille d’eau, une boule de pain… et un tube de Parfait au thon. Les renseignements sont pris, destination d’Interlaken et je me retrouve 20 minutes plus tard dans le train, content de pouvoir enfin étendre mes jambes.
Fatigué, je me laisse bercer par le rythme discret du boggie, le regard hypnotisé par le paysage qui défile tranquillement. La lumière est belle, le ciel azur et les rayons du soleil sont d’un réconfort absolu. Après une trentaine de minutes, l’horizon se fait plus discret et laisse apparaitre les premiers contreforts. Le lac fait une apparition discrète puis il nous accompagnera jusqu’à Interlaken. J’échange quelques mots avec le contrôleur. Très sympa. Il me souhaite une bonne course, en me faisant remarquer qu’espérer faire 5h c’est déjà pas mal…
19h, nous arrivons au terminus Est de la ville. Je pose pied à terre, soulagé et heureux d’être enfin arrivé. Il me faut 20 bonnes minutes pour aller à l’hôtel. Je tombe sous le charme naturel de l’hôtesse à l’accueil qui m’explique en français (!) les commodités et services proposées par l’hôtel durant mon séjour. Tout est propre, moderne et fonctionnel, la classe Swiss Made. Au deuxième étage, je fais connaissance avec mes compagnons de chambrée qui est composée de deux thailandais et de trois coréens.
L’ambiance est conviviale et on speak english. Wifi, lumières de chevet, prises de courant et placards sécurisés, c’est cool. Après avoir rangé mes affaires et préparé “ma couche”, je prends une bonne douche puis quelques minutes de relaxation sont nécessaires pour me reposer et gommer la fatigue de la nuit précédente. J’ai besoin dormir mais je profite, dans la soirée, de faire un petit tour pour m’imprégner de la ville et de ses environs. Demain, retrait des dossards et quartier libre.
À suivre…