{"id":1262,"date":"2012-04-16T19:43:04","date_gmt":"2012-04-16T19:43:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/?p=1262"},"modified":"2020-05-26T20:31:58","modified_gmt":"2020-05-26T20:31:58","slug":"160412-marathon-rotterdam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/160412-marathon-rotterdam\/","title":{"rendered":"16 avril 2012 &#8211; Marathon Rotterdam"},"content":{"rendered":"<p>De retour apr\u00e8s 4 jours pass\u00e9s en Hollande et une bonne surprise en consultant les r\u00e9sultats ce soir.<\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/span><\/div>\n<table width=\"582\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Nom<\/td>\n<td>O C<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ville<\/td>\n<td>Caen<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Distance<\/td>\n<td>ABN AMRO Marathon Rotterdam<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cat\u00e9gorie<\/td>\n<td>M40<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Class. g\u00e9n\u00e9ral<\/td>\n<td>1086 \/ 7530<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Class. cat\u00e9g.<\/td>\n<td>229 \/ 1273<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitesse<\/td>\n<td>12,973 Km\/h<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Temps global<\/td>\n<td>3:19:04<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Temps net<\/td>\n<td>3:15:09<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/td>\n<td valign=\"top\">\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"2\"><strong>Net split times (difference)<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>5 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td>24:18 (24:18)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>10 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>15 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td>1:10:25<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>20 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td>1:32:29 (22:04)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Semi-marathon<\/td>\n<td>1:37:28<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>25 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td>1:54:53 (22:24)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>30 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td>2:17:16 (22:23)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>35 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td>2:40:41 (23:25)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>40 Kilom\u00e8tres<\/td>\n<td>3:04:56 (24:15)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 deux jours auparavant et ayant pass\u00e9 une nuit un peu agit\u00e9, me revoil\u00e0 en tenue, sac sur le dos en sortant de l&rsquo;h\u00f4tel \u00e0 mater le ciel avec l&rsquo;espoir qu&rsquo;il ne nous l\u00e2chera pas une de ces averses g\u00e9n\u00e9reuses et tant appr\u00e9ci\u00e9es de tous lors d&rsquo;une \u00e9preuve. La veille, la journ\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 belle, venteuse mais agr\u00e9able et nous faisant oublier ce vendredi rythm\u00e9 par quelques bourrasques de vent, gr\u00e8le et pluie fine tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9able quand on a pas de parapluie. Le vent du nord est toujours l\u00e0 et bonne surprise, le ciel semble pour une fois en accord pour nous attribuer une pause pour cette longue \u00e9preuve. Je suis confiant malgr\u00e9 tout, je suis inscrit et ce n&rsquo;est pas une mauvaise m\u00e9t\u00e9o qui va me faire renoncer \u00e0 cet engagement pris en d\u00e9cembre dernier.<br \/>\nJe me dirige vers Rotterdam Centraal en remontant la ligne de tramway afin de me mettre en tenue et d&rsquo;y d\u00e9poser mes affaires de rechange. Je croise les premiers coureurs : s&rsquo;\u00e9chauffe de tous coins. Certains d\u00e9bouchent dont on ne sait d&rsquo;o\u00f9 et disparaissent dans une grande art\u00e8re ou une ruelle. Hier, c&rsquo;\u00e9tait les cyclistes, aujourd&rsquo;hui, ce sont les coureurs auquel il faut faire attention.<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que je me rapproche du point de rendez-vous, l&rsquo;architecture, d&rsquo;une verticalit\u00e9 et d&rsquo;une modernit\u00e9 saisissante, devient de plus en plus imposante. Nous devenons alors des fourmis convergeant vers notre fourmili\u00e8re d&rsquo;un jour. Arriv\u00e9 au vestiaire, je me change, je laisse mes affaires \u00e0 la locker room puis me dirige vers l&rsquo;h\u00f4tel de ville, l\u00e9g\u00e8rement stress\u00e9 et en m\u00eame temps soulag\u00e9 d&rsquo;y \u00eatre&#8230; enfin. Le public est l\u00e0, accompagnant, partageant ces instants d&rsquo;excitation. On vient en famille embrasser le condamn\u00e9-volontaire\u00a0d&rsquo;un jour purger sa peine, des couples s&rsquo;enlacent, se serrent, tentant de conserver quelques instants de chaleur s\u00fbrement bien agr\u00e9able. On se cherche, on se perd, on se noie dans ces regards, dans ces visages, je suis seul dans cette mar\u00e9e humaine, tentant de trouver ma zone de d\u00e9part. Le vrombissement des pales de l&rsquo;h\u00e9lico survolant cette masse color\u00e9e et l\u00e9g\u00e8rement frigorifi\u00e9e ajoute une dose d&rsquo;excitation et de stress. \u00ab\u00a0Could you tell me where is the D gate ?\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Just near the camera\u00a0\u00bb. Wah, je ne vois rien, \u00e0 6 mn du d\u00e9part, je d\u00e9cide de faire comme d&rsquo;autres, je passe au-dessus des barri\u00e8res mais j&rsquo;y laisse un bout de fesse sur l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de la grille. Rien de grave !<br \/>\nMon d\u00e9bardeur en plastique vert me prot\u00e8ge du frais. Je ne sais qu&rsquo;en faire apr\u00e8s le d\u00e9part et d\u00e9cide de la garder, retourn\u00e9 tel un t-shirt sur les \u00e9paules durant toute l&rsquo;\u00e9preuve. j&rsquo;attends, regardant visages, expressions, shorts, molets, chaussures. On pi\u00e9tine d&rsquo;impatience et on se r\u00e9chauffe. Quelques sourires, \u00ab\u00a0Have a good race\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Thank you\u00a0\u00bb. T\u00eate baiss\u00e9, je tente d&rsquo;hypnotiser le bitume&#8230; j&rsquo;attends le signal de d\u00e9part, je souffle, no stress,zen, j&rsquo;y suis.<\/p>\n<p>Coup de canon mais rien ne bouge. 4 minutes plus tard, nous marchons puis le pas se fait plus rapide pour enfin devenir foul\u00e9e encore timide vu le nombre de coureurs au d\u00e9part. Ma montre Garmin est garm&rsquo;out : plus de batterie pour le gps&#8230; ce sera donc sans elle pour l&rsquo;instant. Course en negative split (physque puis mentale). Je passe la ligne de d\u00e9part&#8230; en route pour 4 heures maxi. Je file, ma foul\u00e9e devient plus r\u00e9guli\u00e8re. Le public exhulte. Quels instants magiques, une nouvelle \u00e9preuve avec nous-m\u00eame. Wah !<br \/>\nOn se dirige vers le sud, sur notre gauche, le second peloton de coureurs situ\u00e9 de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la ligne de tramway&#8230; Incroyable d&rsquo;\u00eatre aussi nombreux \u00e0 cet instant. J&rsquo;ose imaginer les vibrations d&rsquo;une telle mar\u00e9e humaine martelant le macadam d&rsquo;un pas prononc\u00e9 et r\u00e9gulier. Rotterdam, ton coeur bat au rythme de nos foul\u00e9es. C&rsquo;est saisissant.<br \/>\nL&rsquo;Erasmus bridge nous accueille 5 minutes plus tard par sa voilure cabl\u00e9e et nous fait traverser la Nouvelle Meuse, fascin\u00e9s par cette architecture imposante que nous retrouverons 25 kilom\u00e8tres plus tard&#8230; sur le trajet de retour !<\/p>\n<p>De mon c\u00f4t\u00e9, \u00e7a va. Je double et tente de me faire un chemin parmi mes camarades de course, signal \u00e0 gauche de la main, \u00e0 droite, en bas pour les obstacles, on communique par geste, les yeux balayant le macadam, concentr\u00e9s pour ne pas tomber.<br \/>\nLe peloton se rejoint quelques kilom\u00e8tres plus tard et il faut \u00e9viter l&rsquo;engorgement, la bousculade. Sortir du trac\u00e9, sur la pelouse, le trottoir, la voie de tramway et une premi\u00e8re chute&#8230; J&rsquo;ai mal pour le pauvre gars mais il faut avancer.<br \/>\nJ&rsquo;ai l&rsquo;impression de courir \u00e0 contre-courant, c&rsquo;est \u00e9puisant d&rsquo;anticiper la r\u00e9action du coureur qui vous pr\u00e9c\u00e8de. Ne pas rel\u00e2cher son attention. Je vais bien, apais\u00e9 et d\u00e9tendu. Je loupe \u00e0 l&rsquo;instant mon premier ravitaillement dans une courbe&#8230; Bon, y&rsquo;en a d&rsquo;autres&#8230;<br \/>\nNous sommes maintenant en banlieue sur une art\u00e8re d\u00e9gag\u00e9e : tout le monde semble aller bien, concentr\u00e9s et motiv\u00e9s. Le public est omnipr\u00e9sent et on fini par l&rsquo;oublier malgr\u00e9 tout. Les jambes prennent leur pied !)<\/p>\n<p>10 km : Ma montre Garmin a d\u00e9cid\u00e9 de faire la grasse mat&rsquo;. Pas de signal gps, batteries faibles, j&rsquo;\u00e9teins le bordel, on oublie. Je trace, je double, je crawle, je mors le bitume \u00e0 pleines dents.<br \/>\n15 km en 1h 14. Le temps semble \u00eatre correct mais je m&rsquo;en fous, je ne pense \u00e0 rien qu&rsquo;\u00e0 courir. Les ravitaillements s&rsquo;encha\u00eenent et sont difficiles \u00e0 g\u00e9rer : boire en courant, quelle connerie !! Autant faire du trico en roller&#8230; Je trouve n\u00e9anmoins le moyen de m&rsquo;hydrater sans en perdre une goutte. La boisson isotonique est capitale : il n&rsquo;y a pas de bananes, ni de nourriture. Un duo voyant-non-voyant : \u00ab\u00a0have a good race, we are proud of your courage\u00a0\u00bb. Impressionnant.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/trace-rtt.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1307\" title=\"trace rtt\" src=\"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/trace-rtt.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/trace-rtt.jpg 600w, https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/trace-rtt-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/trace-rtt-150x78.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p>20 km et presque \u00e0 la moiti\u00e9e du parcours. Pas de sentiments de fatique, je ne pense \u00e0 rien. Que se passe-t-il \u00e0 cet instant ? O\u00f9 sont mes doutes, mes pens\u00e9es qui m&rsquo;accompagnaient \u00e0 Lausanne au m\u00eame instant ? 21 km en 1h42 en passant devant l&rsquo;affichage. Je suis dans les temps. C&rsquo;est long, un peu trop long et j&rsquo;ai h\u00e2te de repasser le pont pour rentrer. Quelques faux plats pour quitter le quartier r\u00e9sidentiel puis le centre de la localit\u00e9 et retour sur une grande art\u00e8re. Le 25e km appara\u00eet au loin. C&rsquo;est un peu dur \u00e0 cet instant. Il y a moins de monde autour de soi et la solitude fait son apparition. On s&rsquo;accroche \u00e0 un short, \u00e0 une silouette si possible f\u00e9mine (ben ouias). Je me relance, \u00e7a va. Il ne faut pas ralentir le rythme : j&rsquo;ai fait une l\u00e9g\u00e8re halte \u00e0 un ravitaillement.. erreur qui aurait pu me faire tr\u00e8s mal. On oublie la pause kit-kat&#8230; pas maintenant.<\/p>\n<p>25e kilom\u00e8tre : le ravitaillement express et faut encore avaler du bitume. Le pont et la mont\u00e9e en rythme avec du RUN DMC. \u00e7a me motive. Je pense \u00e0 Zivile, mon d\u00e9mon dans ces instants douloureux. Elle me remonte le moral, me stimule malgr\u00e9 tout&#8230;<br \/>\nArriv\u00e9 sur la rive droite, de retour sur Rotterdam, la grande art\u00e8re, le public toujours aussi nombreux, du soleil, il fait frais et le sentiment de se trouver \u00e0 New York durant un instant, \u00e9cras\u00e9 par les tours. Virage \u00e0 gauche puis \u00e9pingle et l&rsquo;on passe sous le pont pour se diriger vers les 30 derniers km. C&rsquo;est long et dire que l&rsquo;on refait le trajet dans l&rsquo;autre sens dans une heure environ.<\/p>\n<p>30 km : 2h 23 que je cours. Je suis dans les temps mais c&rsquo;est dur. Nous faisons un grand tour autour d&rsquo;un parc. Cela me parait interminable. Je m&rsquo;accroche \u00e0 une coureuse, je vais la rattraper. Quelques personnes sont pr\u00e9sentes sur cette longue portion : un couple&#8230; une fanfare color\u00e9e&#8230; un homme seul et son v\u00e9lo sur lequel une radio diffuse de la musique&#8230; Des enfants, des gens font office de ravitaillement et vous proposent des parts de g\u00e2teaux faits maison, quartiers d&rsquo;orange pour vous remonter le moral&#8230; \u00e7a me touche&#8230; j&rsquo;ai mal de ne pouvoir m&rsquo;arr\u00eater&#8230; c&rsquo;est \u00e9mouvant&#8230; Je n&rsquo;avais jamais vu \u00e7a, encore \u00e0 l&rsquo;instant \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de ces lignes, \u00e7a me bouleverse. On est d&rsquo;une fragilit\u00e9 (du corps) et d&rsquo;une duret\u00e9 (de l&rsquo;esprit) qui est \u00e0 toute \u00e9preuve mais ces gestes d&rsquo;humanit\u00e9 durant ces quelques centaines de m\u00e8tres&#8230; \u00e7a vous marque. Respect.<\/p>\n<p>40 km : j&rsquo;y suis arriv\u00e9.. enfin presque mais c&rsquo;est \u00e9prouvant. Je croise un coureur dont la jambe droite est une proth\u00e8se en carbone, je l&rsquo;encourage avec quelques mots d&rsquo;anglais. C&rsquo;est fort. Je tente de me relancer mais les jambes n&rsquo;avancent pas plus vite. Je dois d\u00e9j\u00e0 \u00eatre au maximum et j&rsquo;ai le sentiment de ne pas avancer. La douleur me fait oublier que mon effort est constant depuis plus de 3h. Il n&rsquo;y a plus que le mental pour tout faire tenir. J&rsquo;accroche un short, je ne regarde presque plus devant moi, la foul\u00e9e du coureur me pr\u00e9c\u00e9dant est ma ligne de vie \u00e0 cet instant. Ne rien l\u00e2cher.<\/p>\n<p>42 km : on est ou pas. Oui, le virage lib\u00e9rateur et l&rsquo;arriv\u00e9e au loin.. \u00e0 200 m\u00e8tres. On y est. Je relance et \u00e7a va avance !!! Le public est l\u00e0, partout, l&rsquo;envie de serrer cette foule g\u00e9n\u00e9reuse dans ses bras&#8230; un petit geste d&rsquo;amour et de reconnaissance pour les Rotterdamois de coeur venus nous encourager.<\/p>\n<p>Je me redresse, \u00e9tire le dos, me pr\u00e9pare pour le sprint et j&rsquo;allonge la foul\u00e9e. \u00e7a vient. Deux c\u00f4t\u00e9s, on vous applaudit, cri, vous appelle par votre pr\u00e9nom, vous encourage comme pour vous extirper vos ultimes r\u00e9serves d&rsquo;\u00e9nergie. J&rsquo;ai envie de pleurer car apr\u00e8s 3h15 de course seul&#8230; tant de bonheur et d&rsquo;encouragement en si peu de temps&#8230; \u00e7a vous submerge d&rsquo;\u00e9motion, \u00e7a vous baffe en pleine tronche. Je ne sais plus comment r\u00e9agir&#8230; Je pense alors \u00e0 pousser encore plus et je ris de me surprendre \u00e0 trouver encore autant d&rsquo;\u00e9nergie et d&rsquo;envie de courir aussi vite. Je m&rsquo;approche de la ligne, je ne connais pas mon temps, je l\u00e8ve les yeux sur le compteur&#8230; 3h19&#8230; Je r\u00eave, c&rsquo;est pas possible, j&rsquo;ai tenu mon pari, finir ce nouveau marathon tout en am\u00e9liorant mon temps sans me blesser.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/mrt12.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1278\" title=\"mrt12\" src=\"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/mrt12.jpg\" alt=\"\" width=\"418\" height=\"585\" srcset=\"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/mrt12.jpg 418w, https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/mrt12-214x300.jpg 214w, https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/mrt12-107x150.jpg 107w\" sizes=\"(max-width: 418px) 100vw, 418px\" \/><\/a><\/p>\n<p>La ligne pass\u00e9e, l&rsquo;arr\u00eat est brutal. La course est derri\u00e8re soi. J&rsquo;ai besoin de serrer quelqu&rsquo;un dans mes bras. Un coureur \u00e0 droite. \u00ab\u00a0Thank you very much\u00a0\u00bb. \u00e7a fait du bien, \u00e7a lib\u00e8re, c&rsquo;est r\u00e9confortant.<br \/>\nM\u00e9daille autour du cou, \u00ab\u00a0emballage du coureur dans un plastique blanc\u00a0\u00bb pour ne pas attraper froid et la solitude revient brusquement faire son show. Tristesse m\u00eal\u00e9e de joie, c&rsquo;est dur. Nous sommes livr\u00e9s \u00e0 nous-m\u00eame. Pas de massages avant de retourner aux vestiaires, juste des bananes, boissons chaudes (th\u00e9)&#8230; et quelques brancards emm\u00e8ne des coureurs en hypothermie ou victimes de crampes. La course est derri\u00e8re moi, les hauts parleurs continuent de brailler leurs musiques et les commentaires. C&rsquo;est la fin.<br \/>\nLe vent est toujours l\u00e0, il faut aller se changer. Je passe les barri\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9 et le public de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 ne m&rsquo;attends pas, non. C&rsquo;est beaux tout ce monde. Je retrouve ces regards d&rsquo;avant le d\u00e9part mais avec une dose d&rsquo;inqui\u00e9tude et d&rsquo;espoir de voir appara\u00eetre la silhouette titubante ou courbatur\u00e9e d&rsquo;un familier.<\/p>\n<p>Je rentre fatigu\u00e9 chercher mon sac. Le long trajet vers le vestiaire devient alors une autre \u00e9preuve : passer la plus petite bosse, le moindre trottoir ou encore presser le pas vous fait rappeler durement que le physique souffre \u00e9norm\u00e9ment. Je grimace&#8230; certains sourient, d&rsquo;autres comprennent mais ne savent pas comment aborder le probl\u00e8me. Sac r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, arriv\u00e9 \u00e0 la tente, \u00e7a sent la pommade anti-inflammatoire, il fait chaud, c&rsquo;est bon \u00e7a. Tout le monde se change, culs nus, on s&rsquo;en fout. Vient alors la longue et p\u00e9rilleuse \u00e9preuve du lever la jambe pour enfiler mon pantalon de course. Douleurs, mes molets me d\u00e9testent !!!<br \/>\nCoup de t\u00e9l\u00e9phone, sms pour rassurer mon entourage. Je vais bien mais il faut rentrer \u00e0 pied pour prendre le tramway et finir par une douche et une bonne heure de repos. J&rsquo;y suis arriv\u00e9, \u00e7a c&rsquo;est fait !).<\/p>\n<p><strong>Feed-back<\/strong> J+5<br \/>\n<em>On peut se poser la question de savoir pourquoi tant de mal pour si peu en retour. La pers\u00e9v\u00e9rance et l&rsquo;envie constant d&rsquo;avancer, de pousser, d&rsquo;aller au fond des choses, sans faire de compromis ou de suppositions. Croire en soi, affirmer ses convictions malgr\u00e9 la tendance molle du moment, la facilit\u00e9. On existe, on r\u00e9alise, on valorise tout en restant humble et ouvert. La vie est ainsi : le trajet peut paraitre long, tortueux et difficile mais le r\u00e9sultat en vaut toujours la peine malgr\u00e9 la souffrance et la difficult\u00e9. Garder l&rsquo;objectif initial en t\u00eate et y croire malgr\u00e9 tout. Physiquement, cette \u00e9preuve est \u00e9puisante mais elle vous raffermis et vous renforce dans vos convictions. Rien ne vaut d&rsquo;\u00eatre v\u00e9cu s&rsquo;il ne faut pas se battre pour exister. \u00ab\u00a0Shape your body, shape your mind\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De retour apr\u00e8s 4 jours pass\u00e9s en Hollande et une bonne surprise en consultant les r\u00e9sultats ce soir. \u00a0 Nom O C Ville Caen Distance ABN AMRO Marathon Rotterdam Cat\u00e9gorie M40 Class. g\u00e9n\u00e9ral 1086 \/ 7530 Class. cat\u00e9g. 229 \/ 1273 Vitesse 12,973 Km\/h Temps global 3:19:04 Temps net 3:15:09 Net split times (difference) 5 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1262"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9281,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262\/revisions\/9281"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}