{"id":1009,"date":"2011-10-30T19:53:52","date_gmt":"2011-10-30T19:53:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/?p=1009"},"modified":"2020-05-26T06:29:09","modified_gmt":"2020-05-26T06:29:09","slug":"301011-marathon-lausanne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/301011-marathon-lausanne\/","title":{"rendered":"301011 Marathon Lausanne"},"content":{"rendered":"<p>Distance: 42,49 km &#8211; Temps: 3:28:04<br \/>\nAllure moy.: 4:52 min\/km &#8211; FC moy.: 153 bpm &#8211; FC max.: 174 bpm<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/301011.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1010 aligncenter\" title=\"301011\" src=\"http:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/301011.jpg\" alt=\"\" width=\"497\" height=\"283\" srcset=\"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/301011.jpg 497w, https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/301011-300x170.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 497px) 100vw, 497px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Marathon de Lausanne, en quelques lignes&#8230;<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 la veille par le train, un peu fatigu\u00e9 par le voyage, un peu tendu et apr\u00e8s une nuit agit\u00e9e, me voil\u00e0 avec mon sac sur le bord du lac L\u00e9man que \u00a0j&rsquo;adore. La t\u00eate ailleurs, \u00e0 me demander ce que je fais ici, j&rsquo;observe avec admiration le soleil \u00e9tendu sur un voile nuageux, les montagnes baign\u00e9es par cette lumi\u00e8re incroyable et cette \u00e9tendue d&rsquo;eau devant moi, apaisante et merveilleuse. Je tente de retrouver mes esprits, un peu triste d&rsquo;\u00eatre ici seul, \u00e0 vagabonder parmi les coureurs. J&rsquo;y suis certes mais quelle \u00e9trange sensation, celle d&rsquo;un rendez-vous avec un millier de personnes que vous ne connaissez pas et qui vont vous accompagner, partager cet instant durant de longues heures. On se sent seul mais nous ne sommes jamais vraiment seuls.<br \/>\nMes amis, ceux auxquels je pense tous les jours, les proches, les petits mails et sms envoy\u00e9s la veille&#8230; tous m&rsquo;accompagnent \u00e0 cet instant et m&rsquo;encouragent. Comme je le dis, le seul sponsor que j&rsquo;accepte en course \u00e0 pied, c&rsquo;est le sponsor du c\u0153ur, que l&rsquo;on ne peut acheter, qui nous est propre. Gen\u00e8ve dort encore&#8230; mais Lausanne vibre alors.<\/p>\n<p>D\u00e9part \u00e0 10h14, bloc 2, temps estim\u00e9 : 4h. J&rsquo;ai choisi cette intervalle car vu la configuration du trac\u00e9, je ne prends pas de risques. Je ne sais pas ce qu&rsquo;il va se passer. Je suis confiant mais les aller-retour&#8230; je ne suis pas trop fan. En forme et je n&rsquo;arrive toujours pas \u00e0 m&rsquo;imaginer que j&rsquo;y\u00a0suis&#8230; dans le troupeau. Mon point noir est la barre des 30 km que je m&rsquo;\u00e9tais mang\u00e9e en pleine face \u00e0 Nantes en avril (4h). \u00e7a fait mal et j&rsquo;ai pas envie de remettre cela. La strat\u00e9gie est plus ou moins act\u00e9e, reste \u00e0 l&rsquo;appliquer.<\/p>\n<p>D\u00e9part rapide, une succession de faux-plats, mont\u00e9es et une premi\u00e8re descente qui nous fait quitter le centre-ville sur une allure d&rsquo;au moins 12\/13 km\/h. Je mets le r\u00e9gulateur de vitesse sur une pulsation de 150 bpm avec une vitesse d&rsquo;environ 11,4-11,5 km\/h. Ca va, de bonnes sensations. Le plaisir de courir en famille, bien dans ma t\u00eate. Le soleil est encore sous la couette mais il est r\u00e9veill\u00e9 : temp\u00e9rature correcte et on continue \u00e0 avancer. Faux plat, Lausannois qui nous encouragent au passage, police fluo, motos presse, v\u00e9los&#8230; photographes : le cort\u00e8ge de sportifs avance sans difficult\u00e9s. On a \u00e0 peine fait 3 km&#8230;<\/p>\n<p>Premiers vignobles et premiers souvenirs qui me reviennent \u00e0 l&rsquo;esprit, lors de mon passage l&rsquo;an dernier \u00e0 Lausanne et ces premiers coups d&rsquo;oeil sur la droite, le lac, les vignobles, le lac, les\u00a0vignobles \u00e0 gauche, re-lac et oh, la route !! Oui, j&rsquo;y suis bien. Je sens la fra\u00eecheur du lac sur ma droite et la pente vinicole sur la gauche. C&rsquo;est beau ! Le vin \u00e0 gauche, l&rsquo;eau \u00e0 droite&#8230;<\/p>\n<p>KM 5 : Travers\u00e9e de Lutry avec un bon premier ravitaillement : eau, boisson isotonique, gels, fruits ??? De l&rsquo;eau pour l&rsquo;instant. J&rsquo;ai deux barres et des cachets iso dans le short. On continue.\u00a0Sortie de Cully et hop, on est sur la grande route !<\/p>\n<p>KM 12 : Vue d\u00e9gag\u00e9e des deux c\u00f4t\u00e9s et droit devant le bitume. On domine le lac, c&rsquo;est toujours aussi beau. Ca fait oublier quelques instants la course et le fait que nous sommes qu&rsquo;au tout d\u00e9but. C&rsquo;est super beau, on se croirait en Norv\u00e8ge avec ces montagnes au loin dans la brume et ce lac&#8230; Je m&rsquo;\u00e9gare. Petite remarque : l&rsquo;inclinaison de la route sur certaines courbes est\u00a0fatiguante pour les appuis. Je zigzague, passant d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 droit au centre et fini parfois \u00e0 courir sur la ligne m\u00e9diane. Je tente de trouver le meilleur \u00e9quilibre, un soup\u00e7on d&rsquo;horizontalit\u00e9 pour \u00eatre stable et ne pas compenser de trop. L&rsquo;asphalte aussi change parfois\u00a0et les gros gravillons se font sentir. \u00e7a va. Je ne regarde pas trop le chrono. Je suis dans la moyenne mais j&rsquo;ai tendance \u00e0 laisser aller ma foul\u00e9e. Je ne veux pas trop me freiner mais tant que je n&rsquo;ai pas fait le choix, je ne tente rien. J&rsquo;observe, je ressens. Physiquement, \u00e7a va. Le souffle, rien \u00e0 dire et les sinus&#8230; j&rsquo;ai jamais autant aim\u00e9 mes sinus !! Love \ud83d\ude00<\/p>\n<p>KM 17 : Rythme normal. Je suis \u00e0 11,5 km\/h (152 bpm) et parfois \u00e7a monte, \u00e7a descends, comme le relief. On arrive bient\u00f4t \u00e0 Vevey et les premiers coureurs du marathon nous croisent : 1h27 environ&#8230; Applaudissements et encouragements !! Impressionnant !<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 Vevey, on y est, on pousse. Le public et l&rsquo;effet entonnoir\u00a0\u00bb en ville me stimule. Ravitaillement, on charge en provisions pour le retour et on croise les meneurs du 3h de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la ligne m\u00e9diane&#8230; Petites courbes rapides, on longe le lac, mont\u00e9es, on d\u00e9passe les 21 (1h47&prime;) puis le virage en \u00e9pingle qui nous dit \u00ab\u00a0on remet \u00e7a ?\u00a0\u00bb Ben oui, on y va&#8230; h\u00e9las !!<\/p>\n<p>Un sentiment de d\u00e9j\u00e0 vu sur le retour&#8230; mais l&rsquo;avantage, c&rsquo;est que l&rsquo;on sait o\u00f9 se trouvent les ravitaillements ! On y va. Le but, rattrapper les meneurs du 3h45&#8230; les d\u00e9passer (ce qui est fait en centre-ville) et maintenant je relance. Je tente d&rsquo;oublier que j&rsquo;ai les 3h45 derri\u00e8re moi et que je ne dois pas flancher. J&rsquo;ai plut\u00f4t le sentiment de fuite&#8230; cours apr\u00e8s moi&#8230; mais je ne sais pas si je vais tenir. L&rsquo;objectif : prendre de l&rsquo;\u00e9lan pour sauter le mur des 30 km.<\/p>\n<p>KM 25 : le rythme cardiaque s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re et je trace. On y croit mais&#8230; Je suis en dessous des 5 mn\/km et tourne autour de 160 bpm. Le souffle nickel, je ne ressens aucune g\u00e8ne. J&rsquo;esp\u00e8re tenir jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>KM 30 : environ 164 bpm, 4&prime; 20&Prime; au km. Il est 13h20. Il me reste 12 km, en une heure ? Oui, dans les conditions normales&#8230; mais je ne l\u00e2che rien. Je trace, je double, j&rsquo;avance et y&rsquo;a comme un sentiment d&rsquo;aspiration. J&rsquo;ai envie d&rsquo;en finir, le plus dur reste \u00e0 faire et c&rsquo;est encore l&rsquo;inconnu.<br \/>\nEst-ce que mes guiboles vont tenir ? J&rsquo;ingurgite du gel et prends le temps de boire au ravitaillements sans trop m&rsquo;arr\u00eater. Je relance d\u00e8s que possible. J&rsquo;ai un peu la rage. Je cours un peu vite, cela m&rsquo;effraie parfois avec des pics \u00e0 13 \/ 14 km\/h mais \u00e7a c&rsquo;est pas une moyenne, c&rsquo;est le GPS !! Et la respiration est normale, pas de g\u00e8ne.<br \/>\nOn passe les derniers villages&#8230;<\/p>\n<p>KM 40 : Pully. Encore 2 km mais c&rsquo;est les plus longs&#8230; J&rsquo;entends \u00ab\u00a0au deuxi\u00e8me feu, \u00e0 gauche&#8230; l&rsquo;arriv\u00e9e\u00a0\u00bb. L\u00e0-haut !! Encore un faux plat et j&rsquo;ai molets gauche et droits qui veulent se barrer !! Je pense \u00e0 mes blancs de poulets. Plusieurs fois, ils ont envie comme s&rsquo;ils avaient envie d&rsquo;aller pisser !! Je leur dit \u00ab\u00a0Non, les gars, pas maintenant, svp, faut tenir\u00a0\u00bb. Un peu les ch&rsquo;tons.<br \/>\nJe passe le deuxi\u00e8me feu, tourne effectivement \u00e0 gauche&#8230; une descente&#8230; hop pardon, j&rsquo;ai failli bousculer un coureur. Je vois la ligne d&rsquo;arriv\u00e9e mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression de voir plut\u00f4t un mirage !!<br \/>\nC&rsquo;est dingue comme ils ont toujours tendance \u00e0 mettre la ligne d&rsquo;arriv\u00e9e aussi loin. On a toujours l&rsquo;impressions que la nuit pr\u00e9c\u00e9dente, ils se sont amus\u00e9s \u00e0 tout pousser au fond de l&rsquo;avenue, histoire de nous enquiquiner un peu \ud83d\ude00 C&rsquo;est long, les molets&#8230; \u00e7a n\u00e9gocie entre aller vite et se flinguer les jambes juste avant l&rsquo;arriv\u00e9e ou partir et on g\u00e8re en m\u00eame temps. Choix num\u00e9ro 2 et on y va. Le public nous encourage, c&rsquo;est terrible comme c&rsquo;est franchement appr\u00e9ciable. T&rsquo;aurais envie d&#8217;embrasser tout le monde tellement \u00e7a te fait du bien, du bonheur !<br \/>\nJe double une jolie jeune femme&#8230; ouais je sais mais on m&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 fait le coup une fois et j&rsquo;\u00e9tais rest\u00e9 derri\u00e8re \u00e0 un semi-marathon&#8230;<br \/>\nCourtoisie une fois mais pas toujours&#8230; (Quel gros con \u00e0 cet instant je fais). Et hop, la ligne d&rsquo;arriv\u00e9e (3h 28&prime;), la joie d&rsquo;avoir tenu et d&rsquo;avoir rectifi\u00e9 le tir. Essouffl\u00e9 et limite je craque. Le souffle est rapide, y&rsquo;a personne pour m&rsquo;accueillir, simplement ma satisfaction d&rsquo;avoir fait un truc bien, d&rsquo;avoir pouss\u00e9 un peu plus loin. J&rsquo;ai envie de chialer, de me vider \u00e9motionnellement, quelques larmes mais la raison reprend le dessus, aller bien. Je blague avec le ravitaillement \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e : \u00ab\u00a0O\u00f9 est mon num\u00e9ro de dossard sur les bananes mises \u00e0 disposition ?\u00a0\u00bb. Dur de partager ces moments seul mais \u00e7a va. J&rsquo;ai rempli mon contrat, tout ce chemin pour \u00e7a. \u00e7a me plait. On va continuer sur la m\u00eame foul\u00e9e.<\/p>\n<p>Je vais me faire masser. Pour une fois, avec ce corps d&rsquo;athl\u00e8te !! Rires. Et l\u00e0, suurrrrrprise&#8230; les molets contre-attaquent !! Crampe jambe gauche. Effectivement, mes molets ont envie de se barrer. Ils battent un max la chamade. Douloureux et \u00e7a remue. Je plaisante en proposant une \u00e9chographie pour d\u00e9terminer le sexe de l&rsquo;enfant&#8230; \u00e7a bouge dans tous les sens comme si le coeur \u00e9tait descendu dans les molets. Impressionnant. Apr\u00e8s 15 minutes de douceurs, conseils pour les prochains jours et semaines \u00e0 venir. Je retourne chercher mon sac pour me changer et rentrer tout doux une heure et demi apr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;auberge de jeunesse.<\/p>\n<p>Le soir, douche pas trop chaude, hydratation et une bonne entrec\u00f4te-frites + salade pour reprendre des forces. \u00e7a va. Demain, r\u00e9veil \u00e0 6h pour le trajet de retour&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Distance: 42,49 km &#8211; Temps: 3:28:04 Allure moy.: 4:52 min\/km &#8211; FC moy.: 153 bpm &#8211; FC max.: 174 bpm Marathon de Lausanne, en quelques lignes&#8230; Arriv\u00e9 la veille par le train, un peu fatigu\u00e9 par le voyage, un peu tendu et apr\u00e8s une nuit agit\u00e9e, me voil\u00e0 avec mon sac sur le bord du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1009"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1009"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1009\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9135,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1009\/revisions\/9135"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1009"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1009"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.antipodes.net\/courir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1009"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}